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Accusé de viols, il est acquitté

Accusé par son épouse de l'avoir violée à plusieurs reprises alors qu'elle était sous somnifères, Ahmed*, ressortissant tunisien, encourait une peine privative de liberté. Hier, le Tribunal correctionnel de Neuchâtel l'a toutefois acquitté des charges pesant sur lui à ce titre. Motivant la décision de la cour, le président Fabio Morici a relevé toute une série de contradictions et d'incohérences dans les accusations portées par l'épouse, six mois après les faits supposés.

06 sept. 2007, 12:00

Ainsi, pourquoi n'a-t-elle pas quitté le domicile conjugal ou fermé sa porte à clé après le premier abus? Les éléments de preuve faisaient aussi défaut.

Tant et si bien que le tribunal «n'a pas pu se forger la conviction définitive que les faits pouvaient être retenus à l'encontre du prévenu.» Dès lors, «il y a lieu de lever ces charges, ne serait-ce qu'au bénéfice du doute», a indiqué le président.

L'accusation, portée par Yanis Callandret, suppléant extraordinaire du procureur général, réclamait 32 mois de peine privative de liberté, dont douze mois ferme. Cela tout en reconnaissant que les faits «ne sont étayés par aucune preuve matérielle». Le procureur estimait toutefois les déclarations de l'épouse «plus vraisemblables» que celles du prévenu. Pourquoi la plaignante aurait-elle monté de fausses accusations, alors qu'elle a choisi de refaire sa vie ailleurs?, se demandait-il en substance.

L'accusatrice - partie en juin dernier au Maroc avec l'enfant du couple - ne s'est pas présentée à l'audience. «Parce qu'elle est terrorisée», a expliqué la mandataire. Selon elle, le prévenu a fait preuve d'une «extrême agressivité» vis-à-vis de son épouse dès le début de l'union conjugale.

Le dysfonctionnement du couple, qui se bagarrait fréquemment, est attesté par de multiples témoignages.

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre, a estimé le tribunal, les injures et les menaces de mort proférées par le prévenu, poursuivi également pour ces actes, qu'il a admis.

Le tribunal a sanctionné les menaces de 30 jours-amendes à 45 francs, avec sursis durant deux ans. Les abus de téléphone - le prévenu avait harcelé la plaignante pour s'être vu refuser un droit de visite - lui valent une contravention de 200 francs. Il payera sa part de frais (500 fr.) et devra verser une indemnité de 250 fr. à son épouse. /lby

* prénom fictif
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