Les villes, championnes du surendettement

En matière de surendettement, un fossé sépare ville et campagne. Globalement, la morale de paiement se dégrade en Suisse, comme le montre un atlas 2007 des débiteurs par numéros postaux réalisé par Creditreform et publié hier. En moyenne nationale, 2,72% de la population est endettée. Le tableau est toutefois très contrasté selon les régions, la fourchette allant de 0% à 22%, révèle l'étude de la société de recouvrement de créances et de renseignements économiques Creditreform. Le bonnet d'âne échoit à Schaffhouse.

13 avr. 2008, 12:00

L'atlas des débiteurs confirme la différence entre la ville et la campagne. Les grandes villes et leurs agglomérations présentent des taux d'endettement nettement plus élevés que les zones rurales. Mais même à l'intérieur des villes, les valeurs peuvent être très différentes, à l'image de deux quartiers de Zurich qui affichent respectivement 1,47% et 6,61%. Le tableau montre aussi un contraste entre l'ouest et l'est du pays, l'ouest étant davantage touché par le phénomène. La zone entre Neuchâtel, Bienne, Bâle et Olten (SO) affiche des taux élevés.

La statistique de Creditreform prend en compte les faillites privées, les recouvrements et les cas de difficultés de payer à long terme.

Cette carte de l'endettement doit toutefois être analysée avec une certaine prudence, souligne Creditreform. Certaines zones rurales apparaissent en effet en rouge foncé, mais il s'agit de communes à faible densité de population où quelques débiteurs individuels peuvent peser très lourd et fausser l'image.

De plus en plus de ménages suisses vivent à crédit, s'inquiète la société de recouvrement. En 2006, l'Office fédéral de la statistique a enregistré plus de 2,55 millions de commandements de payer, un chiffre qui est plus de deux fois plus élevé que celui de 1980. Les crédits de consommation faciles à obtenir incitent beaucoup de gens à vivre au-dessus de leurs moyens.

La morale de paiement s'est dégradée ces dernières années, note Creditreform. On néglige davantage les lettres de rappel et les poursuites.

Par catégories, les personnes de 40 à 60 ans sont celles qui se retrouvent le plus en faillite, même si les jeunes et les rentiers AVS sont en train de réduire l'écart. Faire faillite est par ailleurs une spécialité masculine: les personnes concernées sont à 80% des hommes. Les familles monoparentales sont aussi très exposées. / ats