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Les univers les plus divers s'ouvrent aux chercheurs de la Haute Ecole Arc

Au sein de la Haute Ecole Arc, le travail de recherche est permanent mais il est méconnu du grand public. Nous ouvrons aujourd'hui ces portes avec des «Chroniques de recherche». Une première pour la presse régionale. La recherche en Suisse ne se limite pas aux écoles polytechniques, aux instituts spécialisés ou aux laboratoires privés. La Haute Ecole Arc en fait l'expérience chaque jour. A partir d'aujourd'hui, notre quotidien lui prête ses colonnes, toutes les deux semaines, pour «faire explorer ses coulisses au lecteur». Ces «Chroniques de recherche» permettront de présenter le travail mené sous «une forme ludique tout en restant sérieux», promet Philippe Geslin. «Ce ne seront pas des histoires de savants fous», dit le responsable de l'unité de recherche Edana de l'Institut horlogerie et création (voir encadré).

12 août 2008, 12:00

«On dit unité, on devrait dire laboratoire», précise encore le docteur en anthropologie sociale et ethnologie. Alors, professeur, que fait-on chez Edana? «L'unité est à même de réaliser des mandats de recherche dans le domaine du design, de l'ergonomie, du marketing sociétal et de l'ethnologie. Ces travaux partent des savoir-faire horlogers et s'exportent dans d'autres univers».

Un exemple? Tous les familiers de l'Arctique - scientifiques ou explorateurs - s'accordent sur les risques encourus à parcourir le pôle. La fréquence et la violence des tempêtes contribuent au fractionnement de plaques de plusieurs centaines de mètres de long. Détachées de la côte, elles dérivent avec les courants vers des mers plus chaudes. Chaussés de ski, tirant leur traîneau (Pulka), les expéditeurs progressent alors dans des conditions délicates où les périodes de glisse alternent avec de périlleuses traversées de bras de mer. Dans de telles situations, les Pulka sont les seuls outils permettant ces franchissements. La chute à l'eau peut être fatale et bon nombre d'hommes et de femmes y ont perdu la vie ou des membres gelés, condamnés à l'amputation. Etonnamment, aucune Pulka n'est aujourd'hui conçue pour affronter de telles conditions climatiques. C'est l'objectif du projet que de concevoir, en collaboration avec un expéditeur polaire, des entreprises suisses et la Haute Ecole Arc, un traîneau permettant d'affronter ces nouvelles conditions de progression au pôle Nord étroitement liées au réchauffement climatique.

Philippe Geslin, lui, n'est pas un spécialiste du monde horloger. Son intérêt se porte sur «le monde des objets et des techniques». Et de lancer: «Avant de commencer à agir, il faut aller sur le terrain, analyser le contexte des actions futures, envisager leur devenir. Par exemple, quel sera l'impact d'une nouvelle technologie, d'un nouvel objet sur le quotidien des personnes amenées à l'utiliser?»

«Rares sont les objets dont l'usage premier n'est pas détourné», explique-t-il en évoquant le trombone. Pas l'instrument de musique, mais le petit accessoire de bureau. Le tournevis aussi. «Des fabricants ont pris en compte ce détournement d'usage et on peut enfoncer des clous avec le manche. Les ingénieurs doivent être attentifs à ces divers modes d'utilisation et à leur intégration potentielle dans le processus de conception.» Et de souligner que, dans ce contexte, «les élèves ingénieurs sont très réactifs».

La recherche au sein de l'école? «De façon évidente, sans cette activité de recherche, nous ne pourrions pas nourrir les cours.» /DAD

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