«Les petites mains», l’air du temps de Claire-Lise Droz

Prendre de haut son prochain n’est pas forcément la meilleure leçon à inculquer aux enfants… Découvrez la chronique «Air du temps» de Claire-Lise Droz.
28 sept. 2020, 05:30
AirDutemps-Claire-LiseDroz

«Tu vois, si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras comme elle!», avait lancé une mère à sa fillette en lui désignant la caissière d’un petit magasin de quartier.

Cela s’était passé il y a quelque temps, «mais j’y pense toujours», m’avait confié le copain qui me racontait l’anecdote. Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas avec ce genre de «pédagogue» que la fillette allait apprendre la politesse du cœur, voire la politesse tout court.

C’est pas beau, ce mélange de méchanceté, de dédain et de bêtise, disons cette c… pour faire simple. Et ce n’est pas nouveau non plus, cette manie de trier entre gens du Haut et gens du Bas.

Cette obsession de réussir sa vie, ce qui implique argent et position sociale. Il faut se «faire une situation»…

Soit dit en passant, tout ça devient un peu ringard, à l’heure où les influenceurs (vous savez, ces lanceurs de tendances qui mettent des photos sur internet) gagnent beaucoup plus de pognon qu’un gastro-entérologue.

Pour en revenir à nos caissières, c’est tout un métier. Combien de pendules n’ont-elles pas remontées, avec un sourire, un petit mot gentil, une écoute attentive (enfin, pas trop longtemps, gare à la file derrière)…

Ces caissières, seul contact humain de toute la journée pour certains clients, il faut bien en profiter. Pendant qu’elles existent encore. Car bien malheureusement, c’est de plus en plus avec les machines qui scannent vos courses qu’il faudra échanger trois mots.

par Claire-Lise Droz