Les pêcheurs en rivière neuchâtelois remontés

15 mars 2011, 10:23

Le comité de la Fédération neuchâteloise des pêcheurs en rivière (FNPR) a réagi aux accusations mettant en cause le garde-faune de la pisciculture de Môtiers (notre édition du 17 février). Un homme que le comité considère comme «un pisciculteur compétent, honnête et intègre, œuvrant de toutes ses forces à la préservation du patrimoine piscicole de ce canton».

Pourtant, le Département de la gestion du territoire communiquait, le 16 février dernier, avoir ouvert une investigation interne relative notamment à la production illicite de truites arc-en-ciel; ces alevins servant au nourrissage des truites du Doubs.

Selon la FNPR, «aucun des agissements qui sont reprochés aujourd'hui à ce pisciculteur n'a été tenu secret». Ce qui fait dire à l'un de ses membres que le conseiller d'Etat Claude Nicati «est très mal renseigné. Il ne connaît pas le potentiel du stock de reproduction des truites du Doubs!»

La fédération indique que la production de truites arc-en-ciel n'a pas cessé en 2009. Et elle avance trois raisons. Primo: la pisciculture de Môtiers possédait encore en 2010 des géniteurs dits «sauvages», qu'il fallait nourrir. Deuxio: il demeure des espoirs d'obtenir de nouveaux géniteurs de la truite zébrée, qui figure sur la liste rouge des espèces en voie de disparition. Tertio: l'automne dernier, la société de pêche l'Hameçon a réussi à produire 175 truites du Doubs élevées à la Combe-Girard, au Locle, qui ont ensuite été transférées à Môtiers.

Ce transfert à la pisciculture cantonale serait un passage obligatoire. Selon la FNPR, l'acclimatation des truites du Doubs aux aliments industriels nécessite «impérativement l'utilisation des truites arc-en-ciel du prétendu scandale. Sans ce passage progressif, elles se laissent crever.»

Contacté, le garde-faune visé par l'investigation interne ne veut pas répliquer en l'état. Selon le pisciculteur, beaucoup d'éléments du dossier sont faux ou exagérés. «Je répliquerai quand je saurai exactement ce que l'on me reproche», a-t-il réagi. /ste