Les exagérations de la grippe A vues par des psychologues de Neuchâtel

26 oct. 2010, 10:29

«A trop crier au loup, on risque de ne plus se faire entendre le jour où il faudra vraiment prendre des mesures.» C'est la conclusion principale d'une étude de perception par le public de la «crise sanitaire» liée à la crainte d'une pandémie de la grippe A (H1N1) l'année dernière.

Cette étude a été réalisée par une équipe de psychologues de l'Université de Neuchâtel (Unine) dirigée par le professeur Adrian Bangerter.

Au moment où tout faisait croire à une pandémie de grippe A, cette équipe étudiait la perception par la population suisse de la grippe aviaire H5N1, qui avait défrayé la chronique en 2005.

Pour ces spécialistes, cela faisait de cette période un poste d'observation de choix pour analyser l'impact dans le public de ces maladies. «Notre questionnaire était en train de circuler. Nous avons ainsi pu comparer les réponses retournées avant et après le début de la grippe A en 2009», explique le professeur Adrian Bangerter.

Selon les conclusions de cette étude, de l'avis de la population, «il y a clairement eu une exagération au niveau de la communication au sujet de la grippe A, que ce soit par les médias ou par les autorités».

Et si à l'avenir, une nouvelle alerte devrait à nouveau nécessiter des mesures, «le public aura tendance à hésiter à suivre.». C'est pourquoi les psychologues suggèrent de tout mettre en œuvre pour regagner la confiance du public. /comm-asm