Les «doulas» de l’Arc jurassien proposent une hotline pour les futurs parents

Les «doulas» de l’Arc jurassien ont créé une hotline téléphonique pour répondre aux questions des futurs parents. Elles ne remplacent pas les médecins ou les sages-femmes, mais proposent un soutien psycho-émotionnel bénévole.

16 avr. 2020, 12:00
Les doulas offrent une présence et un soutien psycho-émotionnel aux futurs parents.

«Les gens me demandent souvent en quoi consiste le travail de ‘doula’. Nous sommes des accompagnantes à la naissance, nous offrons un soutien psycho-émotionnel aux futurs parents.» 

La Neuchâteloise Nathalie Smania fait partie de la vingtaine de doulas qui pratiquent dans l’Arc jurassien. Ces femmes remplissent un rôle qui tend à refaire surface aujourd’hui. Le mot «doula» vient du grec ancien et signifie «esclave», «une personne au service de la femme».

«Les réseaux de femmes qui encadraient la jeune maman ont pratiquement disparu de notre société actuelle», explique Nathalie Smania. «L’accouchement s’est déplacé du domicile à l’hôpital, et les futurs parents ne connaissent pas forcément la personne qui sera présente à leurs côtés lors de cet événement. Certains ont besoin de retrouver une personne rassurante qui les accompagne durant la grossesse, l’accouchement et les premiers mois de vie de l’enfant.»

Compétences au service de la population

La doula n’a pas de fonction médicale, elle ne remplace donc pas la sage-femme ou le médecin, mais se concentre sur le soutien psycho-émotionnel de la femme et du couple. Un rôle qui prend encore plus d’importance durant cette période de confinement.

«Donner la vie dans les conditions actuelles est loin d’être une sinécure!» C’est pourquoi les doulas romandes, et plus particulièrement celles du canton de Neuchâtel, du Jura, de Bienne et du Jura bernois (Bejune), ont créé une hotline téléphonique afin de répondre bénévolement, chaque jour de 9h à 21h, aux futurs parents. «Avec le coronavirus, nous ne pouvons plus faire de travail présentiel. Nous avons trouvé cette solution pour continuer à mettre nos compétences au service de la population.»

Inquiétudes liées à l’absence du papa 

Les questions posées concernent souvent la limitation de la présence du papa à l’hôpital après l’accouchement. «Nous sentons beaucoup d’inquiétudes de la part des futures mamans, qui craignent de devoir vivre cet évènement seules», constate Nathalie Smania. «Nous sommes également là pour écouter le tsunami émotionnel qui peut être vécu après la naissance. Les jeunes parents ont souvent besoin qu’on les rassure.»

Ce sont par contre les sages-femmes indépendantes qui s’occupent de suivre les suites de couches de la mère et le développement du bébé.

Les doulas de l’Arc jurassien, membres de l’association Doula CH, sont au bénéfice d’une formation spécifique en Suisse. Leur accompagnement n’est pas pris en charge par la Lamal. «Nous multiplions les démarches pour être, un jour peut-être, reconnues par l’assurance de base. A l’heure actuelle, seule une assurance complémentaire est entrée en matière pour un remboursement partiel de nos prestations.» 

 

Informations sur la page facebook Les doulas Be Ju Ne, où figure le numéro de téléphone de la doula de permanence. 
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