"Le trimestre de Noël", l'air du temps d'Emanuele Saraceno

Découvrez la chronique "Air du temps" d'Emanuele Saraceno

14 déc. 2019, 05:30
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Noël reste une valeur sûre. Magasins, repas, cadeaux.... Chacun a un rapport particulier avec cette fête. Chacun, sauf les chaînes de télévision avec leur déferlante de téléfilms. «Le chalet de Noël», «Un Noël de conte de fées», «Mister Noël», «Mon amoureux de Noël», «Une nouvelle vie pour Noël», «Un ticket gagnant pour Noël», «des révélations pour Noël». Liste (non exhaustive) tirée du programme tv – seulement sur les principales chaînes francophones – du mardi 10 décembre.

Le degré zéro de la créativité, un insoutenable mélange de bons sentiments et de poncifs, un suspense inexistant. Dès les trois premières minutes on sait que la jeune femme va découvrir le vrai amour avec un rustre au grand cœur ou que la famille qui se bat pour conserver sa pittoresque auberge va finir par s’en sortir après une prise de conscience du méchant promoteur immobilier.

D’accord, nul n’est obligé de regarder. Mais, comme disait ma regrettée mère lors de chaque Euro ou Mondial de foot: «Il n’y a rien d’autre à la télé!» Sauf que les grands tournois de ballon durent un mois. Les téléfilms de Noël trois! Pour un jour de fête, on nous abrutit de début novembre à fin janvier!

Bon, il y en a qui aiment. Une «experte» a pu confirmer une de mes annotations «historiques». Dans ce déversement de mélasse à rendre diabétique un allergique au sucre, à aucun moment il n’est fait allusion à la raison d’être de Noël. Mais oui, vous savez, célébrer la naissance du «crapaud qui gueulait ‘je t’aime’» et qui «a fini planté sur une croix»*...

* Hubert-Félix Thiéfaine: «113ème cigarette sans dormir»