Le scrutin de tous les dangers

02 nov. 2010, 09:41

Les élections de mi-mandat qui se déroulent aujourd'hui aux Etats-Unis sont celles de tous les dangers pour le gouvernement Obama. Porté à la présidence par une lame de fond riche d'espoirs de réformes en 2008, le voici aujourd'hui ballotté par de puissants courants contraires.

Profitant du fait que la crise et le chômage s'éternisent, les républicains, et une partie de l'opinion, n'éprouvent aucun scrupule à dénoncer l'échec économique de l'administration Obama. Or Obama n'est pour rien dans le déclenchement de la crise qui a terrassé le pays. Ce sont bien les républicains qui portent la responsabilité la plus écrasante dans cette catastrophe due au laisser-faire total, deux législatures durant, de l'administration Bush, pieds et poings liés face à Wall Street et au lobby militaro-industriel.

Obama, en consacrant des milliards de dollars d'argent public à voler au secours de Wall Street et de l'économie a certes fait passer en 2010 la dette publique américaine, déjà colossale, à un niveau jamais atteint de plus de 13 000 milliards de dollars, et le déficit budgétaire à 1300 milliards. Du coup, les Etats-Unis sont devenus le pays le plus endetté de la terre. L'opposition des républicains à Obama s'est encore cristallisée après l'adoption dans la douleur de son projet d'assurance maladie généralisée. Mais la véritable haine suscitée aujourd'hui par Obama chez les républicains les plus fondamentalistes est révélatrice de tréfonds idéologiques tenaces. On lui reproche maintenant, en vrac, d'être noir, d'être communiste ou d'être la réincarnation d'Hitler.

La montée en puissance des républicains ne fait aucun doute. Elle leur conférera le pouvoir de faire obstruction systématique à toutes les nouvelles réformes, voire de revenir sur celles qui sont déjà engagées.

Le problème, c'est que la vision républicaine du monde reste centrée sur une image fixiste des Etats-Unis en tant que leader économique et militaire de la planète. Or tout est en train de changer. La véritable question qui se pose aux républicains, mais aussi à toute la classe politique américaine, c'est désormais de gérer la fin prévisible de cette hégémonie.