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Le sacre de Didier Burkhaler vu diversément par la presse suisse

La presse suisse s'accorde pour considérer que l'élection de Didier Burkhalter préserve concordance et stabilité. Les commentateurs alémaniques la jugent raisonnable. Mais plusieurs quotidiens romands doutent que le Neuchâtelois apporte vraiment un sang neuf.

17 sept. 2009, 09:12

Les journaux de son canton, «L'Express» et «L'Impartial»,  relèvent cependant que, même si «ce n'est pas une bête politique»,  le nouveau conseiller fédéral «risque bien d'en surprendre plus  d'un». Car, «si l'on insiste sur le côté un peu lisse de Didier  Burkhalter, on oublie trop souvent ses volontés de réformes».

«Le Temps» estime que «ce sont les logiques du système qui l'ont emporté dans cette élection, bien davantage que l'ascendant d'une  personnalité». Toutefois, le quotidien se demande s'il osera «s'extraire de sa gravité soucieuse pour tirer le meilleur parti de lui-même? Rien ne l'interdit.»

Déçu
Le ton change dans la «Tribune de Genève». «On rêvait de sang neuf pour régénérer un Conseil fédéral anémique. Comment dès lors ne  pas être déçu?», écrit le journal pour qui «il manque l'étincelle, le trait de génie, la stature de l'homme d'exception, qui émerge si rarement de notre système».

Pour «24 heures», cette élection signifie que «politiquement, le coup de sac est remis à plus tard». Le journal estime que les voix obtenues par Dick Marty rappellent «qu'on aurait pu porter à la tête du pays un personnage d'une rare compétence, à l'esprit indépendant et à la hauteur de vue reconnue».

Bocal
Pour «Le Matin», le Parlement a élu «un candidat qui ne dérange personne» et le Palais fédéral «est juste coupé du monde». Or, écrit le quotidien, la politique n'est plus un «bocal étanche» et «le temps n'est plus aux gestionnaires mais aux personnalités de souffle et de vision d'ensemble».

Le «Quotidien jurassien» estime en revanche que «ce choix est somme toute logique». «L'Assemblée fédérale montre qu'elle n'a pas voulu casser la baraque», à savoir remettre en question la formule magique en cours de législature.

Schwaller
«Le Courrier» s'interroge, lui, sur la candidature d'Urs Schwaller. «Pourquoi avoir tenté de faire barrage à une personnalité aussi inoffensive et compassée que celle de Didier Burkhalter?» Et il trouve la réponse «dans la promesse de changement que, à tort ou à raison, Urs Schwaller a pour un instant suscité».

A cet égard, le «Journal du Jura» est formel. L'élection de Urs Schwaller aurait ouvert la boîte de Pandore, «tout simplement parce qu'Urs Schwaller est un Alémanique».

Raison
En Suisse alémanique, les voix positives dominent. Pour la «Thurgauer Zeitung», cette élection est «une victoire de la raison». «Enfin, la politique est de nouveau ennuyeuse», écrit la «Südostschweiz». «Raison plutôt qu'explosion», titre pour sa part la «Neue Zürcher Zeitung».

Pour la «Neue Luzerner Zeitung», cette élection montre que «l'éviction de Christoph Blocher était davantage une attaque contre une personnalité qu'une attaque contre la concordance». Le «Blick» va dans le même sens: «pour la première fois depuis longtemps on a un signe que les blessures des combats autour de Blocher se referment».

Le «Tages-Anzeiger» relève qu'en élisant Didier Burkhalter la majorité du Parlement «ne voulait pas prendre de risques alors que la Suisse a déjà assez de problèmes». «Il faut maintenant résoudre  les problèmes urgents du pays et mettre de côté la politique partisane». /ats 

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