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Le recours aux OGM divise l?agriculture neuchâteloise

Les milieux politico-agricoles neuchâtelois semblent plutôt bien accueillir la proposition du Conseil fédéral de prolonger de trois ans le moratoire sur les organismes génétiquement modifiés. En revanche, l?idée de faire de Neuchâtel un «canton sans OGM» provoque des divergences au sein de la commission cantonale de l?agriculture. La proposition du Conseil fédéral de reporter de 2010 à 2013 la fin du bannissement provisoire des OGM est «une sage décision», analyse le radical Laurent Favre, directeur de la Chambre neuchâteloise d?agriculture et de viticulture (Cnav). Les producteurs, comme les consommateurs, souhaitent que des garanties soient apportées par les recherches en cours, auxquelles s?associe l?Université de Neuchâtel. L?UDC Walter Willener, membre aussi de la commission consultative cantonale de l?agriculture, est contre ce moratoire, mais peut «faire avec, car on n?est pas à trois ans près.»

20 mai 2008, 12:00

A gauche, l?idée séduit. D?ailleurs, avec l?appui d?une vingtaine de députés, l?ancien agriculteur écologiste Laurent Debrot a déposé un projet fin janvier au Grand Conseil. Actuellement examiné en commission, ce décret propose que le canton demande aussi à l?Assemblée fédérale de prolonger ce moratoire sur les OGM. Il rappelle que 65% des votants neuchâtelois avaient soutenu en 2005 l?initiative fédérale pour des aliments produits sans manipulation génétique.

L?actuelle majorité rose-verte veut même aller plus loin. Laurent Debrot rappelle que le groupe PopVertSol demande depuis 2004 que Neuchâtel se décrète «canton sans OGM», indépendamment des positions fédérales. Face aux «risques de dérive», par précaution pour l?agriculture, la sécurité alimentaire et la santé publique, la législation cantonale devrait interdire totalement la production et l?utilisation de plantes et animaux génétiquement modifiés.

Président de la commission consultative agricole cantonale, le conseiller d?Etat socialiste Bernard Soguel affirme que les milieux concernés y expriment «des réserves face aux OGM», hors des clivages politiques. Laurent Favre se demande quand même s?il est judicieux de «jouer aux ayatollahs écologiques» et de bloquer toute ouverture à long terme. «De toute façon, le canton ne peut pas à lui seul interdire les OGM», complète Bernard Soguel. «Et je ne souhaite pas une loi sans effet qui ferait faussement croire à la population qu?elle serait protégée. En revanche, on peut discuter de la possibilité de donner un signal politique.» Un signal que Walter Willener interpréterait comme une concession du Château aux pressions de la gauche...

La commission agricole se réunit jeudi. Dans la foulée, Bernard Soguel soumettra son préavis d?ici la fin de l?été au Conseil d?Etat, y compris sur un postulat libéral plus soft demandant une claire identification des produits à base d?OGM. Le Grand Conseil devrait en être saisi en automne dans le cadre du rapport quadriennal sur l?agriculture. / AXB

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