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Le public est sorti du bois samedi pour visiter l'Hôtel de ville du Locle

Une cinquantaine de personnes ont profité de l'occasion unique qui leur était donnée ce week-end, soit découvrir le travail du bois au sein du remarquable Hôtel de ville du Locle. P lus encore que le bâtiment de l'Hôtel de ville du Locle, c'est la collection de meubles qu'il abrite que le public était venu admirer samedi, profitant des Journées du patrimoine dédiées cette année au thème du bois.

10 sept. 2007, 12:00

Samedi, deux groupes ont suivi Jean-Marie Cramatte, architecte communal du Locle, dans les dédales de l'Hôtel de ville, s'extasiant sur les boiseries finement sculptées qui forment un bel ensemble néo-Renaissance. A relever également les pièces de charpente et le berceau, ainsi que quelque 1244 pilotis en sapin qui constituent les fondations du bâtiment. «Une forêt entière qui, retournée sur la tête en bas, sert d'assise à l'édifice», avait noté un rédacteur au début du siècle passé.

L'ébéniste chaux-de-fonnière Nicole Chevalley a attiré quant à elle l'attention du public sur le mobilier égréné dans les corridors et les salles du bâtiment, notamment celles des commissions et des mariages. Des bahuts, des coffres, des armoires ou des sièges offerts par d'honorables familles neuchâteloises. «Du mobilier suisse, réalisé dans des essences communes, comme le noyer, le sapin, le hêtre, l'érable ou encore le frêne. Que du régional», a-t-elle précisé. Si, dès le XVIIIe siècle, est apparu le goût pour les essences exotiques dans le canton - «on veut des meubles à la mode de Paris» - nombre de familles bourgeoises ont préféré en faire imiter le style tout en utilisant le bois d'ici. Restait également le problème financier. «Acheminer du bois exotique par bateau avait un coût. Dans les Montagnes, on n'a jamais eu d'essences exotiques, trop coûteuses.» Il a fallu attendre quelques années avant de voir apparaître l'acajou de Cuba, le teck ou, plus récemment, le chêne de Tchécoslovaquie.

Cette journée du patrimoine a également été l'occasion, pour le garde forestier Hubert Jenni, de dresser un panorama des massifs forestiers de la région. Forêts dites de protection, au Col-des-Roches, à la Combe-Girard ou aux Enfers, en raison de leur pouvoir filtrant naturel. A l'époque, l'épicéa, qui pousse bien droit et donne de belles planches, avait les faveurs des artisans. «Les forêts étaient composées à 80% de résineux - épicéas et sapins - du côté de la Joux-Pélichet et de la Combe-Girard», a expliqué le garde forestier. «Entre 1899 et 1923, soit en 24 ans, quelque 440 000 arbres ont été plantés, a-t-il rappelé. Dénudées par des années de pâtures, les collines alentours présentaient de gros problèmes hydriques et les glissements de terrains menaçaient.»

Car nos forêts luttent contre l'érosion du territoire, faut-il encore le rappeler. «Aujourd'hui, on essaie de faire des forêts «mixtes», ce afin de mieux étager la pousse et de favoriser la diversification des essences, pour le sol, la flore et aussi la faune», a encore précisé Nicole Chevalley. /SYB

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