Le point de vue d’Yves Sandoz: «Populaire ou vulgaire: le fond et la forme»

«L’admiration que l’on portait au gentleman britannique s’est bien atténuée», remarque Yves Sandoz, professeur honoraire de droit international humanitaire. Comme d’autres personnalités locales, il est invité à s’exprimer sur des sujets d’actualité.
29 oct. 2020, 17:00
"Car si Donald Trump porte la cravate, il n’a pas compris, comme le dit si bien le slogan d’une marque horlogère, que l’élégance est une attitude", écrit Yves Sandoz.

L’admiration que l’on portait au gentleman britannique s’est bien atténuée quand on a découvert que dernière son flegme, ses complets parfaitement coupés et sa tenue blanche au tennis se dissimulaient une arrogance dont les peuples colonisés ont été les premiers à souffrir, un enfermement dans des traditions paralysantes, voire une bonne dose de vacuité. Outre son aide décisive à l’Europe pour se libérer de la tyrannie hitlérienne, l’Amérique a apporté au Vieux Continent un nouveau souffle dans la manière d’aborder la vie économique et culturelle, un culot et un dynamisme qui ont fait des Etats-Unis la première puissance mondiale et qui ont conquis la jeunesse avec les jeans, le jazz, le rock et les westerns.

On redécouvre donc aujourd’hui l’utilité de certaines règles de savoir-vivre

On assiste pourtant aujourd’hui à un retour du balancier. Le rejet de toute contrainte – il est interdit d’interdire était l’un des slogans favoris de mai 1968 – a conduit à des abus sexuels; à des enfants laissés à eux-mêmes; au pillage de la nature; à un individualisme qui tue la solidarité; et à une explosion de l’obésité sous le règne du hamburger et du coca.

On redécouvre donc aujourd’hui l’utilité de certaines règles de savoir-vivre autant pour sa propre santé que pour la vie en société. On souhaiterait donc, à côté de ses options de fond, que le citoyen américain prenne aussi en compte les qualités personnelles de celui qu’ils pourraient réélire à la présidence de leur pays et comprenne que le choix d’un homme aussi menteur, tricheur, fraudeur, sexiste et vulgaire – Donald Trump semble convaincu qu’il faut être vulgaire pour être populaire – brise partout sur la planète ce qui pouvait rester du «rêve américain». Car si Donald Trump porte la cravate, il n’a pas compris, comme le dit si bien le slogan d’une marque horlogère, que l’élégance est une attitude.