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Le piège spéculatif s'est refermé

11 mai 2010, 12:10

Le colossal plan de soutien - 750 milliards d'euros - mis sur pied dans la nuit de dimanche à hier par les ministres des Finances de l'Union européenne a atteint son but premier: calmer, dans l'immédiat, l'affolement des marchés boursiers mondiaux. Si l'on peut se réjouir de voir la zone euro opter pour une solidarité globale, ce plan pose au moins autant de questions qu'il n'apporte de réponses. Il risque en effet de peser sur les générations futures, surtout en Grèce, tout en consacrant l'échec des critères visant à réguler les déficits publics. Ironie du sort, les rares pays européens à répondre aujourd'hui à ces exigences, en particulier la Suisse, ne font pas partie de l'Union européenne.

Le cas de la Grèce est exemplaire. Mal gérée durant des décennies, rongée par la corruption et le clientélisme, la Grèce a, de plus, maquillé son déficit réel pour le rendre plus présentable. Ceci, sur la recommandation de l'une des plus puissantes banques mondiales, l'américaine Goldman Sachs, conseillère du gouvernement grec, et de deux énormes fonds spéculatifs, l'un américain, l'autre britannique. Plus fort encore, la même Goldman Sachs et ses partenaires - simultanément - spéculaient à la baisse sur les titres de la dette grecque, contribuant à faire grimper les taux jusqu'à des niveaux vertigineux, mais très profitables pour les spéculateurs. Et les agences de notation américaines ont précipité le mouvement en abaissant leurs notes, dans une sorte de spirale infernale qui a conduit à faire d'une situation grave une véritable catastrophe.

Autrement dit, les établissements financiers protégés, il y a deux ans à peine, de la banqueroute par les Etats à grand renfort de milliards, contribuent aujourd'hui à mettre en difficulté leurs sauveurs. Apparemment, les dirigeants politiques européens sont toujours plus prompts à appliquer des emplâtres à coups de fonds publics qu'à s'attaquer aux causes réelles d'une bonne partie de la crise, c'est-à-dire aux agissements destructeurs de certains marchés financiers plus avides de bonus que d'éthique...

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