«Le parlement du peuple»

La démocratie ne se résume pas seulement aux élections et initiatives populaires, mais se retrouve même dans des aspects à première vue plus anodins, soutient Gabriel Rego Capela.
16 nov. 2021, 05:30
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C’est quand on nous enlève quelque chose que l’on se rend compte de sa valeur. Cette vieille sagesse populaire n’a jamais été autant illustrée qu’avec la crise pandémique. Car nécessaire ou pas, excessive ou non, cette période de restrictions et confinements a au moins eu le mérite de nous éclairer sur l’importance vitale de nos espaces publics: cinémas, stades, salles de concert… et surtout bistrots!

Oui, je plaide pour l’importance centrale du bar. Pas seulement comme lieu de détente, pas seulement pour les plaisirs exquis de l’expresso du début de journée en lisant le journal (de préférence «ArcInfo»!), ou de la partie de fléchettes autour d’un verre le soir… Certes, c’est essentiel, mais l’affaire est ailleurs.

Le café du coin est aussi, et peut-être même avant tout, une institution de démocratie. Oui, oui, je l’ai dit. Et je ne suis pas le seul. Balzac serait d’accord avec moi: «Le comptoir d’un café est le parlement du peuple», selon sa formule. Autour de ce comptoir, vous retrouvez vos proches certes, mais aussi des inconnus, des gens de passage… Et on n’y vient pas voir un film ou un spectacle, mais simplement pour discuter. Commenter l’actualité, traiter des misères et des joies de nos vies, faire le point sur le cours des choses. Les idées et les personnes se brassent, se mélangent, s’entrechoquent…

Ce vivier de réflexions et de rencontres forge un peuple critique, conscient de lui-même et de sa société, et donc apte à la gouverner. Alors faites votre devoir citoyen, et n’oubliez pas le pourboire!

par Gabriel Rego Capela