«Le p'tit ch'val dans le mauvais temps, qu'il avait donc du couraaage»

11 janv. 2010, 11:45

Sachant qu'en ville, la vitesse moyenne d'une auto n'excède de toute façon pas 20 km/h, en France, des élus pragmatiques (en voie d'extinction) ont remplacé de coûteux véhicules par des chevaux francs-comtois pour collecter les ordures ménagères ou effectuer le ramassage scolaire dans leur commune. La plus noble conquête de l'homme, du moins aujourd'hui de Marie-Chantal, vous savez la bourgeoise en polo pastel coiffée d'une bombe en suédine douce à ventilation frontale, serait donc l'avenir du citadin? Non. Bien sûr, non. Trop simple. La révolution hippomobile devra compter avec les lobbies gastro-politico-industriels, les diktats socio-religieux, les potes à Brigitte Bardot etc. Qui nettoiera l'écurie le dimanche? Qui paiera la taxe carbone pour compenser le méthane émis par le crottin de l'équidé et les pets du palefrenier? (Penser à équiper le premier d'un compacteur hydraulique et le second d'un pot catalytique).

Car le cheval sent. Sa place n'est donc pas en ville, mais dans la nature, avec ses congénères, les voitures, désormais interdites de cité pour les mêmes raisons, et que la pub nous invite depuis des décennies à conduire dans des paysages inviolés: forêt vierge, plage déserte ou lac salé. Dans une nature sponsorisée par Rhône-Poulenc, c'est normal, dans la grande tradition des tartufferies de notre époque: Koh Lanta ou Copenhague. Bref. En France, cinquante communes ont déjà cédé à l'hippopulsion. Marie-Chantal se ronge les ongles à l'idée de devoir bientôt se les limer avec un silex... Sic transit gloria mundi!