Le mythe GC devenu fragile

Deuxièmes de Super League l'an dernier, les Sauterelles, adversaire de Neuchâtel Xamax FCS en Coupe dimanche, ne sont pas autant flamboyantes cette saison.

19 sept. 2014, 00:01
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On ne refait pas l'histoire. Avec 27 titres nationaux et 19 Coupes, Grasshopper demeure une légende du football suisse. Toutefois, le GC d'aujourd'hui - qui viendra se frotter à Neuchâtel Xamax FCS dimanche à 14 heures en 16es de finale de la Coupe de Suisse - a perdu une bonne partie de son lustre.

Deuxièmes du dernier championnat, les Sauterelles ont perdu de leur superbe depuis la reprise. Ainsi, elles ne pointent qu'à un modeste septième rang en Super League avec huit points en autant de rencontres (deux victoires, deux nuls et quatre défaites) et ne sont plus engagées sur la scène européenne, après leurs éliminations au troisième tour qualificatif de la Ligue des champions (contre Lille) et en barrages de la Ligue Europa (face à Bruges).

Finances délicates

S'ils ont pris l'habitude de perdre leurs meilleurs éléments à chaque intersaison pour mettre des finances précaires à flots, les Zurichois sont condamnés à réussir des coups de poker pour compenser les départs. Cette saison, le gardien Bürki, le meilleur buteur de la saison dernière Gashi (19 réalisations) et Toko s'en sont allés. "Bürki réalisait souvent des exploits. Il donnait confiance à tout le monde. Cette dernière est moindre avec Davari" , analyse Max Fritsche, qui effectuait du "scouting" pour les "bleu et blanc" jusqu'au terme de la saison dernière.

Mais les maux de Grasshopper ne se résument pas à leur seul gardien. "La défense centrale est trop âgée et manque de rapidité. La paire Grichting-Vilotic était plus complémentaire et solide que celles d'aujourd'hui (Grichting avec Dingsdag ou Jahic)" , reprend le plus Neuchâtelois des Zurichois.

Mais le plus gros chantier des Sauterelles se situe à mi-terrain où, outre les départs précités, s'est ajoutée la mise à l'écart du capitaine Veroljub Salatic, véritable métronome de l'équipe. Malgré certaines divergences tactiques, l'impétueux demi se serait également élevé contre certains transferts. "Même quand il était moins bon, il était le leader de l'équipe, aimé de tous" , relève Max Fritsche, qui confirme le manque de doigté des dirigeants. "Cette affaire a été mal gérée. Ils auraient dû intervenir plus tôt pour régler ce cas en interne."

Lesdits dirigeants, qui ont quasiment donné les pleins pouvoirs à leur entraîneur Michael Skibbe - qui a prolongé son contrat jusqu'en juin 2016 -, pourraient s'en mordre les doigts. Ainsi, pour un club en perpétuel sursis financier, les 700 000 francs de salaire annuel d'un joueur sous contrat jusqu'en 2019 - reconversion à un poste d'entraîneur juniors pour quatre saisons incluses, mais à un salaire moindre - pèsent lourd. Il se murmure toutefois qu'une solution pourrait venir de Sion. Mais c'est une autre histoire...

Un coup à jouer

Le GC millésime 2014-2015 manque avant tout d'automatismes et de stabilité. "L'an dernier, la formation alignée était quasiment toujours la même et elle a pris l'habitude de gagner. Elle surfait également sur l'esprit d'équipe hérité d'Uli Forte" , continue Max Fritsche. "Cette saison, Michael Skibbe a essayé plusieurs systèmes durant la préparation. En outre, avec les rotations effectuées dans l'alignement, l'équipe manque de cohésion. Enfin, certains transferts, comme Merkel et Sinkala, ne sont pas, jusqu'à présent, les renforts espérés."

Ce qui n'a pas empêché les Sauterelles de se payer l'ogre bâlois samedi dernier (3-1). "Il faut rester lucide, Bâle n'était pas bon. GC a retrouvé la réussite qu'il avait la saison dernière, car les Rhénans auraient pu ouvrir la marque. Toutefois, il faut avouer que Grasshopper s'est battu" , relance encore Max Fritsche, qui ne voit toutefois pas un avenir très rose pour la "deuxième équipe" du Letzigrund. "A l'époque du Hardturm, il était impensable qu'un "vrai" supporter de GC traverse la voie de chemin de fer qui séparait l'ancien stade du Letzigrund pour aller y voir son équipe "à domicile". D'ailleurs, l'affluence s'en ressent (4904 spectateurs de moyenne, avec la venue de Bâle) , mais également à cause des résultats médiocres du début de saison . "

Neuchâtel Xamax FCS aura donc sa chance face à ce GC moribond. "La différence de niveau existe bel et bien, mais Xamax a un coup à jouer" , assure Max Fritsche. "Les Neuchâtelois devront faire preuve d'une discipline défensive de tous les instants et être vigilants sur les côtés car les latéraux zurichois montent beaucoup. Ils devront aussi éviter de concéder des balles arrêtées aux abords de la surface. Xamax ne doit pas avoir peur, mais devra miser sur des contre-attaques."