Le canton s'organise contre la rougeole

27 mars 2008, 12:00

«Le canton de Neuchâtel est dans les startings-blocks. Si une poche épidémique nous atteint, il faudra agir très vite.» Le médecin cantonal Claude-François Robert craint que l'épidémie de rougeole qui sévit actuellement en Suisse, principalement dans le nord du pays, se propage dans la région.

«La Suisse enregistre la plus importante épidémie de rougeole depuis 1999. En une année, plus de 1000 cas ont été déclarés, dont 50 avec complications de type pneumonie ou encéphalite. C'est énorme.»

Afin de protéger la population neuchâteloise, Claude-François Robert a envoyé cette semaine un courrier à tous les médecins généralistes du canton. Il leur communique la marche à suivre en cas d'épidémie: déclarer chaque cas de rougeole au médecin cantonal, procéder à l'éviction scolaire ou professionnelle du malade et de ses proches non immunisés durant la phase d'incubation (cinq jours), procéder rapidement à une vaccination des proches. De plus, il invite les médecins scolaires à contrôler la couverture vaccinale des écoles et à proposer un rattrapage si nécessaire.

«Pour l'instant, seuls trois cas isolés se sont déclarés dans le canton. Mais il faut être attentif, car la couverture vaccinale neuchâteloise (88% des enfants vaccinés) est insuffisante. Pour que le virus ne circule plus dans la population, il faudrait se situer entre 92 et 95%.»

C'est pourquoi le médecin cantonal recommande «fortement» à la population non immunisée, et aux «nombreuses personnes qui sont passées entre les gouttes» dès la naissance du vaccin en 1963, de se faire vacciner.

«Et il serait mieux de régler ce problème avant l'Euro 2008», confie le médecin cantonal. En effet l'événement footballistique sera à l'origine de «grands brassages» de population en Suisse. «L'Office fédéral de la santé publique recommande donc aussi aux visiteurs étrangers non immunisés de se faire vacciner avant leur venue», a confirmé hier Jean-Louis Zurcher, porte-parole de l'office. «Car il faut éviter de mettre en danger les pays qui ont éliminé la maladie.»

L'épidémie sévit depuis novembre 2006. Pourra-t-on la stopper avant la rencontre? «Difficile de prévoir son cours», répond Jean-Louis Zurcher. «Tout dépend de la réaction de la population face à notre appel à la vaccination.»