Le bruit des oiseaux encore

Ne tournerait-il pas en rond, Frédéric Mérat? A vous de juger à la lecture de son «Air du temps».

17 juin 2021, 05:30
AirDutemps-FredericMerat (10)

C’était il y a plus d’une année. Le ciel nous tombait sur la tête. On se relève gentiment.

Ici même, je partageais avec vous quelques envolées lyriques sur le chant des oiseaux. Ces créatures ailées profitaient alors d’un virus à couronne pour imposer leur royaume. Les cieux tout entiers semblaient leur appartenir. Leur libre voltige avait conquis le territoire des folles courses de nos avions. Leur musique n’était plus étouffée par de lourds vrombissements sur nos bitumes.

Les sens étaient en éveil et les âmes disposées à recevoir ces cantiques, même au cœur de nos villes. Un an après, que reste-t-il? Le souvenir de ces moments de grâce, que la moindre disponibilité réactive, le temps d’un battement d’ailes.

Il est un petit bonhomme qui a passé la moitié de sa vie sous le régime de la distance et des masques. «Bruit, oiseaux», dit-il. S’empressant d’enchaîner sur un «encore». Cette sensibilité pour son environnement vaut aussi pour le son des cochons laineux, moutons et autres grenouilles. Mais ces solistes-là, pour s’en approcher à portée d’oreilles, il faut s’éloigner des centres.

Dans ces espaces verts périurbains, on croise désormais beaucoup moins de monde. Le retour à la nature humaine se fait pressant. On s’agite, on se vaccine, on se voile encore la face.

Alors oui, même si l’on revit, on peut encore ouvrir la fenêtre et respirer. Oui, oui, on en redemande, le bruit des oiseaux.