L’absence d’accord avec l’Europe inquiète l’Université de Neuchâtel

Ce samedi, l’Université de Neuchâtel tenait son premier «Dies academicus» depuis l’arrivée du Covid. Après le temps difficile de la pandémie, l’absence d’accord institutionnel avec l’Europe inquiète.
06 nov. 2021, 17:44
Didier Berberat, président du Conseil de l'Université, lors de son intervention au Dies academicus 2021.

«Nous avons changé et nous allons continuer à échanger.» Pour son premier «Dies academicus», l’Université de Neuchâtel et son recteur Kilian Stoffel ont décidé de mettre l’échange au centre des préoccupations. Si les différents orateurs ont relevé l’extraordinaire adaptation de l’institution face à la pandémie, l’absence d’accord institutionnel avec l’Europe inquiète.

Président du Conseil de l’Université, Didier Berberat a rappelé que l’Unine a intensifié en 2018 et 2019 sa participation à des projets européens, et que ces partenariats sont aujourd’hui remis en cause. «Pour prendre une image, nous étions confortablement installés dans un fauteuil. Aujourd’hui, on nous loue un strapontin, quand nous ne sommes pas purement exclus de la salle.»

Appel aux élus fédéraux

Pour pouvoir se projeter dans l’avenir et puisque la recherche académique est faite, avant tout, de réseaux et d’échanges – comme en témoignent les nominations des quatre nouveaux docteurs honoris causa -, l’ancien parlementaire fédéral a appelé cantons et élus à Berne à «demander fermement à l’exécutif fédéral de renouer rapidement avec l’Union européenne».

Cette absence d’accord n’occulte toutefois pas d’autres motifs de réjouissance. Certifications de l’université, développement avec un futur bâtiment pour lequel un concours d’architecture devrait être lancé l’an prochain ou encore hausse du nombre d’étudiants.

Attendue au tournant pour son premier discours à l’université et alors qu’un nouveau mandat d’objectif est en négociation entre l’institution et le canton, la conseillère d’Etat Crystel Graf est venue plaider pour une digitalisation qui facilite la vie du public et des étudiants. «L’économie digitale et la technique ne remplaceront pas l’humain, mais elles ouvriront des possibles.»

L’Université de Neuchâtel a nommé quatre éminents chercheurs au titre de docteur honoris causa, dont la professeur de droit international public Malgosia Fitzmaurice, de la Queen Mary University de Londres. Photo: SP-Guillaume Perret/Lundi13

Quatre professeurs honorés

Chaque année, l’Université de Neuchâtel remet un titre de docteur honoris causa pour chacune de ses facultés. Cette année, ce sont quatre professeurs d’universités amies qui ont travaillé en collaboration avec l’Unine et ses chercheurs qui ont été honorés. Il s’agit des Français Jean-François Nierengarten (Faculté des sciences) et Dan Sperber (Faculté des lettres et sciences humaines), de la professeur londonienne Malgosia Fitzmaurice (Faculté de droit) et du professeur à l’Université de Lausanne Luc Weber (Faculté des sciences économiques).

par Matthieu Henguely