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La violence se donne en spectacle

En marge de son cycle «Passage(s) à la limite», Passion cinéma organise ce soir à l'Université de Neuchâtel une conférence-débat sur le rapport entre images et violence: «Passage(s) à l'acte?». Entretien avec Michel Vust, directeur du Nifff, et Marc Pahud, membre de l'Organe cantonal de contrôle des films (OCCF) du canton de Vaud. Un point semble acquis: nous vivons dans une société de l'image. Mais peut-on tout montrer? Que ce soit des expositions ou des films, le monde de l'art est souvent l'objet de controverses concernant l'impact, notamment auprès des jeunes, d'images dénotant une certaine violence. Un sujet dans l'air du temps que Passion cinéma aborde ce soir lors d'une conférence-débat intitulée «Passage(s) à l'acte?». Différents intervenants, dont Michel Vust et Marc Pahud, aborderont le thème de la censure, de la puissance de l'image et de son rôle dans le passage à l'acte violent.

22 avr. 2008, 12:00

Directeur du Neuchâtel International Fantastic Film Festival (Nifff), Michel Vust est confronté à cette problématique lors de la sélection des films. Mais pour lui, «la censure se fait déjà en amont. Les limites sont posées par les producteurs: si on interdit un film aux moins de 18 ans parce qu'il est trop violent, ils savent qu'ils peuvent dire adieu aux recettes», s'exclame le directeur du festival neuchâtelois.

Michel Vust rappelle que la violence est l'un des fonds de commerce du cinéma depuis toujours, allant du western au film d'horreur. «C'est la façon dont la violence est représentée qui peut varier». La question étant de savoir quelle valeur on donne à cette représentation, quel effet le réalisateur a voulu lui donner: la violence est-elle valorisée? Banalisée? Réduite au pur mercantilisme? Mais les interprétations ne sont pas si simples. «Il peut y avoir des effets inverses à ceux désirés par le réalisateur, car un film reste une ?uvre équivoque», prévient Michel Vust. Il cite l'exemple d'«Orange mécanique» de Stanley Kubrick, qui voulait condamner la violence, et qui pourtant a excité des comportements violents.

Une chose est claire pour Michel Vust: il n'y a pas de lien direct entre les images violentes et le passage à l'acte, même pour les jeux vidéo. «Le cinéma n'engendre pas la violence. Mais, comme l'Histoire et les récits qui nous traversent, il peut influencer certains comportements. Certaines personnes s'identifient aux modèles qu'il propose. Il serait olus judicieux de trouver les bonnes causes de la violence». Une mauvaise éducation à l'image peut aussi entrer en ligne de compte.

Cette dernière est avant tout le rôle des parents, selon Marc Pahud, membre de l'Organe cantonal de contrôle des films pour le canton de Vaud (OCCF), dont l'avis prévaut aussi pour le canton de Neuchâtel. Pour ce programmateur de la société Cinérive, le rôle de cette commission est bien de contrôler, et non pas d'interdire, «C'est-à-dire, conseiller, informer et responsabiliser les parents principalement, mais aussi les professeurs, les travailleurs sociaux».

En ce qui concerne la violence au cinéma, le représentant de l'OCCF n'est pas vraiment choqué par les tendances actuelles: «On faisait déjà des choses affreuses avant. Il n'y a qu'à penser à «Massacre à la tronçonneuse». De même pour la violence dans la société: «Il n'y en a pas plus», estime Marc Pahud, «seulement, aujourd'hui, on en fait un spectacle, on multiplie les images dans tous les médias. C'est cela qu'il faut canaliser». / ANC

Neuchâtel, faculté des lettres de l?Université, Espace Agassiz, mardi 22 avril 19h00.
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