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La variétoche passée au bazooka

16 juin 2010, 16:28

Entre 2000 et 2002, l'animateur Michael Youn est devenu une véritable star en distillant auprès des jeunes un humour ras les pâquerettes durant de mémorables matinales sur M6. Créateur de groupes parodiques raillant les modes musicales du moment (rap, techno, electro), ce vibrion très médiatique a remporté un succès assez phénoménal, notamment avec «Stach Stach», l'hymne occulte du Slovakistan. Dès 2003, Youn s'est pris à faire l'acteur dans des films très oubliables comme «La Beuze», «Chouchou», «Les clefs de bagnole» ou «Iznogoud». De cette galerie plutôt navrante, on peut à la rigueur sauver sa composition de Billy The Kid dans le «Lucky Luke» de James Huth, mais guère plus… Autrement dit, nous n'inclinions guère à l'optimisme avant le visionnement de son dernier film en date, qu'il a tenu à écrire et à réaliser lui-même.

Surprise, «Fatal» n'est pas fatal au spectateur. On ne criera pas au chef-d'œuvre, loin s'en faut, mais la surdose de laideur qui le caractérise en fait un film assez intriguant pour ne pas devoir regretter amèrement d'avoir payé son billet d'entrée… Reprenant l'une de ses caricatures fétiches, le rappeur Fatal Bazooka (dont il surjoue le rôle), Youn lui consacre l'entièreté de son premier long métrage. Vedette mondialisée du rap, Fatal s'est taillé un empire économique considérable qui menace pourtant de voler en éclats car le pseudo-rebelle a bâti sa carrière sur un gros mensonge. Alors qu'il a toujours prétendu avoir grandi dans le ghetto urbain indispensable à la légende de tout rappeur, Fatal a bêtement vu le jour dans un petit village sis en Savoie. Rattrapée par sa mystification, la star déchoit du jour au lendemain, impitoyablement lâchée par les plus belles filles du monde. Victime d'une crise d'humilité, Fatal revient alors sur le lieu très campagnard de sa naissance pour se réconcilier avec ses origines, avant que de tenter un come-back…

Même si sa comédie connaît parfois de sérieuses baisses de rythme, Youn réussit à pousser la satire jusqu'au point de non-retour, question mauvais goût. En pillant l'esthétique toc de la télévision dévolue à la «variétoche», il exécute sans remords les décervelages type «Star'Ac» ou «Nouvelle Star». Surprenant! /vad

Réalisateur: Michael Youn
Genre: comédie
Durée: 1h35
Age: 14 ans
Avec: Michael Young, Vincent Desagnat, Stéphane Rousseau.
Cinéma: Rex, Neuchâtel

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