La SSR apprend la modestie

Les dirigeants de SRG SSR idée suisse auraient été avisés de se faire plus discrets ces dernières semaines. La demande d'augmentation de la redevance radio-TV présentée en octobre suffisait déjà à exacerber les critiques à leur égard.
01 août 2015, 23:38

Les longues explications du directeur de la TSR, Gilles Marchand, sur le plateau du 19:30 et surtout les propos un brin menaçants à l'égard des Romands du grand patron de la SSR, Armin Walpen, ont achevé de convaincre à peu près tout le monde qu'une hausse de 50 francs par an de la redevance était inacceptable.

Le Conseil fédéral n'avait donc plus qu'à décider de cette augmentation modeste de 12 francs, annoncée hier. En dehors des habituels pourfendeurs du service public, cette décision a été largement applaudie.

Car la Suisse a les moyens de se payer une SSR forte et entretenue par une des redevances radio-TV les plus élevées d'Europe. Les spécificités géographiques et linguistiques de notre pays justifient l'existence d'un service public audiovisuel et sa volonté d'affronter les défis technologiques qui l'attendent.

La SSR doit désormais apprendre à ne plus simplement quémander la becquée quand elle a une petite faim. L'enfant gâté qu'elle est parfois doit aussi se faire à l'idée que même les plus grandes entreprises de communication doivent apprendre à... communiquer. Hier soir, la réaction de la SSR s'est fait attendre. Mais son ton très mesuré a montré que les effets de manche de ces derniers temps étaient abandonnés.

Modestie, humilité et simplicité sont des mots que les dirigeants des chaînes publiques radio-TV doivent désormais mieux maîtriser.

A l'interne, pour expliquer à leur personnel qu'il faudra se serrer (un peu) la ceinture... comme la quasi-totalité des salariés de ce pays. Mais aussi à l'extérieur, pour faire comprendre aux auditeurs-téléspectateurs-contribuables qu'un service public audiovisuel de qualité et à la pointe de la technologie ne peut se faire sans leur soutien financier. / NWi

Par Nicolas Willemin : La SSR apprend la modestie