La preuve par neuf

Face à une équipe de Bellinzone qui a fait mieux que se défendre (surtout en première période), le grand favori bâlois a remporté la neuvième Coupe de Suisse de son histoire. Christian Gross peut remercier ses internationaux helvétiques. Aposteriori, Neuchâtel Xamax n'a plus vraiment à rougir de son élimination face à Bellinzone en demi-finale. Les Tessinois, sur la pelouse de l'ogre bâlois, ont prouvé qu'ils méritaient pleinement de participer au dernier acte de la Coupe de Suisse.

07 avr. 2008, 12:00

Au vu de la première période, tout au plus, les «rouge et noir» peuvent-ils nourrir de grands regrets. Cette année, le FC Bâle était bon à prendre. Une mi-temps durant, c'était à se demander qui menait le bal en Super League! Christian Gross n'avait aucune peine à le reconnaître: «Costanzo a réalisé quelques interventions de grande classe pour empêcher l'ouverture du score de Bellinzone. Le match aurait alors pu être différent.» Marco Streller, avec un peu d'emphase, allait même plus loin: «Franco a prouvé qu'il est un des meilleurs gardiens d'Europe.»

A la prestation du portier argentin s'est ajoutée une chance peu commune des locaux. A deux reprises, Neri et Pouga, beaucoup trop rapides pour la pataude arrière-garde bâloise, ont vu leurs envois repoussés par les montants. Par opposition, à sa première occasion, Bâle ouvrait la marque par l'intermédiaire de Derdiyok. Ce qui inspirait au vaillant capitaine tessinois, Manuel Rivera, une réflexion pleine de bon sens. «Bâle a eu cinq occasions et a marqué à quatre reprises. C'est ce genre de réalisme que nous devons absolument apprendre pour parvenir à évoluer dans la catégorie supérieure. Bien jouer ne suffit pas. Nous en avions fait l'amère expérience déjà la saison passée, lors des barrages face à Aarau.»

Même si le score ne reflète pas la physionomie de la partie, le FCB a mérité sa victoire grâce à une seconde période très solide. Vladimir Petkovic, l'excellent entraîneur à mi-temps de Bellinzone (il ?uvre à 50% en qualité de travailleur social chez Caritas), le concédait: «Nous redoutions deux choses en particulier chez Bâle: sa puissance physique et son habileté sur les balles arrêtées. Et c'est malheureusement à ce niveau que nos adversaires ont fait la différence.»

Avec, en plus, une force mentale indéfectible. «La clé du match a été le but du 2-1», relevait Christian Gross. «J'ai été fier de la réaction de mon équipe après avoir subi le but égalisateur.» A contrario, ce 2-1 a totalement déstabilisé Bellinzone, qui s'est encore incliné à deux reprises dans les minutes suivantes. Manuel Rivera tentait une explication: «Je crois qu'on a un peu gambergé après la réussite de Majstorovic. On a trop pensé et on a arrêté de jouer. Face à une formation du calibre du FC Bâle, cela ne pardonne pas.»

A présent, les protagonis