Votre publicité ici avec IMPACT_medias

La musique classique ce n'est pas chinois, malgré le chef Li Xincao

Dernière saison pour l'Orchestre de chambre de Neuchâtel (OCN) avant l'union avec l'Orchestre symphonique neuchâtelois (OSN). Deux concerts communs au programme. Belle musique et surprises. L'Orchestre de chambre de Neuchâtel présentait hier sa dernière saison. Mais pas de larmes de crocodile sur la joue de son chef Jan Schultsz qui voulait éviter de programmer le dernier concert de sa formation: «Le 13 avril avec de merveilleux choristes neuchâtelois, nous jouerons «L'enfant et les sortilèges» de Maurice Ravel, une fantaisie lyrique symbolique de l'énergie positive qui doit porter la suite de l'aventure.»

03 oct. 2007, 12:00

Ce sera le troisième concert commun avec l'OSN, qui devrait sceller l'union: «On ne peut pas cacher une certaine peur chez nous, l'organisation comme le financement de cette nouvelle structure ne semble pas encore clairs. Mais il ne faut pas dramatiser, nous allons continuer à gravir les marches de l'escalier tous ensemble.»

Une saison dense et contrastée, qui fait la part belle aux ?uvres de répertoire pour petites formations de chambre, comme la «Sérénade», de Dvorak ou la «Symphonie en ut», de Bizet, mais aussi avec la présence comme invité de Li Xincao, un prestigieux chef chinois ou la création d'une pièce d'un jeune compositeur bâlois Beat Gysin. Jan Schultsz tient beaucoup aux collaborations dans la durée avec des musiciens qu'il admire. Ainsi l'accordéoniste Richard Galliano, déjà programmé deux fois, pourrait revenir en 2009: «Un humaniste, un de ces très grands musiciens qui ne se cachent pas derrière une personnalité inventée, il reste lui-même tout le temps.» Cette saison, la «Sonate pour cordes» de Cyrile Squire, écrite en 2000 pour l'OCN, sera revisitée, retravaillée avec encore plus de distance et de profondeur. En tant que chef d'orchestre, Jan Schultsz aime dire «je fais tout», même s'il apprécie que les saisons aillent vers plus de liberté et de radicalité. «On doit annihiler la peur du public en lui montrant qu'un orchestre où tous les registres sont modifiés peut aussi jouer de très belles choses.

La pièce de Beat Gysin, par exemple, propose une configuration très peu conventionnelle. «Dans cette partition on voit à quel point le compositeur cherche, ne reste jamais tranquille, il faut valoriser ces démarches.» Le chef avoue trouver le programme du premier concert de la saison, dirigé par Thüring Bräm, «un peu trop classique, mais très beau». L'homme ne parvient pas à cacher sa malice et son goût de la musique au-delà des étiquettes: «Aux Pays-Bas, on m'a proposé de diriger du Pink Floyd. Beaucoup de musiciens me l'ont déconseillé. Evidemment, je l'ai fait parce que j'aime cette musique. Mais un concerto de Paganini me rend toujours heureux.»

La musique populaire chinoise l'enchante: «L'?uvre de Tieshan Liu et Yuan Mao sera une découverte totale pour le public neuchâtelois. Très peu de gens savent comment le soliste Xianghua M va faire résonner son instrument à cordes, l'erhu.» Il plaisante sur le programme un peu long du 9 mars: «Mais je ne suis pas un exemple, je m'ennuie très vite aux concerts, ma nervosité sur certains détails ne me permet pas toujours d'écouter.» Sa patience d'ange capricieux revient quand il évoque les qualités exceptionnelles du soliste du 16 décembre, le violoniste Corey Cerovsek. / ACA

www.orchestre-ocn.ch
Votre publicité ici avec IMPACT_medias