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La liste des candidats retenus par la commission fait jaser

29 juin 2010, 09:20

Elections judiciaires, cet après-midi, au Grand Conseil. Des élections très inhabituelles puisque pas moins de onze postes - huit juges et trois procureurs - ont été mis au concours. Motif: la réorganisation judiciaire qui entrera en vigueur le 1er janvier 2011. Le parlement neuchâtelois élira-t-il les personnes proposées par la commission judiciaire?

Car la liste des personnes retenues, qui circule depuis quelques jours, fait jaser dans le milieu politico-judiciaire. Et comme, avec l'affaire Hainard, les nerfs sont déjà à vif…

Le nombre élevé de candidats - plus de soixante - et de postes mis au concours explique en partie la grogne de certains. Une cinquantaine de personnes sont forcément déçues de ne pas avoir été choisies. Cependant, si ça jase autant, c'est également pour d'autres raisons. Exemple: «Parmi les candidats, il y avait de très nombreuses personnes qui fonctionnent déjà comme juges suppléants ou qui ont une grande expérience de la magistrature. Comment se fait-il que, parmi toutes ces personnes, seules trois aient été retenues?», s'interroge un avocat.

Un autre observateur avisé, engagé politiquement à droite, va plus loin: «Visiblement, pour cette élection, il valait mieux être une femme de gauche…» Propos qu'il tempère ensuite ainsi: «Si une commission judiciaire a été élue, c'est qu'on lui fait a priori confiance. Elle a fourni un gros travail en auditionnant les candidats. En outre, de très nombreux critères entrent en ligne de compte: homme ou femme, étiquette politique s'il y en a une, origine géographique, formation, parcours professionnel, situation personnelle, etc.»

A propos de l'étiquette politique, une autre personne, elle aussi de droite, lance carrément: «La présidente socialiste de la commission a décidé qu'il fallait rééquilibrer les forces politiques parmi les magistrats. Elle a donc fait en sorte que l'appartenance politique - de gauche - soit privilégiée par rapport à la qualité des dossiers. Il se dit même qu'une candidate a annoncé qu'elle prendrait sa carte du Parti socialiste si elle était retenue…»

Au final, selon nos informations, deux sympathisants de droite ont été choisis, contre au moins sept de gauche.

Des chiffres qui méritent un éclairage. D'une part, des candidats de gauche n'ont pas été retenus. D'autre part, il y a longtemps que, à gauche, certains dénoncent le fait que la magistrature est composée trop majoritairement de personnes de droite. Dernier exemple en date: dans le cadre de l'affaire du libéral-radical Frédéric Hainard, le Parti socialiste a dénoncé l'attitude adoptée par le procureur général Pierre Cornu, lui aussi libéral-radical. A cette occasion, les socialistes avaient dit «se poser la question réelle et inquiétante de la séparation des pouvoirs.»

La manière de rendre la justice dans le canton de Neuchâtel dépendrait-elle de l'étiquette politique du magistrat? Non, nous a-t-on répondu à gauche comme à droite, avant d'ajouter: «Seul le droit compte.» Voilà le justiciable rassuré.

La commission judiciaire du Grand Conseil est composée de six membres: deux socialistes, deux PLR, un UDC et un Vert. Elle avait été créée dans le but de dépolitiser les élections judiciaires.

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