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La guerre des transats a eu lieu

30 sept. 2008, 08:26

Le touriste moyen est une espèce étrange et belliqueuse. Il se sert d'armes comme la serviette de bain ou la mauvaise foi pour défendre son territoire limité à un transat en plastique blanc, pourvu d'un matelas usagé vert bouteille.

Sur la plage idyllique, la bataille rangée a commencé depuis que l'hôtel affiche complet. Pour le contrôle d'un étique banc de sable de deux mètres carrés, l'instinct guerrier resurgit. Le fier soldat, parti en croisade pour sa bronzette, ne craint pas d'utiliser des armes sophistiquées. Il balaie le site d'un regard d'aigle, avant de larguer adroitement sa serviette bleu et jaune pour s'assurer le contrôle total de son terrain. Il n'hésite pas à marquer son territoire en se délestant d'un livre à la couverture élimée ou un magazine féminin. Pis, il mitraille du regard le malotru qui s'approche trop près de son bien ou fusille les retardataires d'un sourire narquois de vainqueur. «Regarde ces imbéciles qui arrivent à neuf heures pour trouver une place!», murmure-t-il à sa tendre moitié vautrée sur sa chaise longue. D'un geste, il désigne les pauvres hères qui errent comme des âmes en peine sur le sable en quête d'un impossible Eldorado de plastique blanc. «Promis!», grommellent les perdants qui jurent, mais un peu tard, qu'on ne les y reprendra plus. «Demain, on se lèvera plus tôt!»

Dans ce coin de paradis, sous les cocotiers et le soleil balinais, la guerre des transats a bien eu lieu. Sans pitié. Et la victoire finale se mesure à l'aune d'une peau bien rôtie et de dignes marques de costume de bain et de bikini.

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