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La démocratie a-t-elle vraiment besoin d'un deuxième tour?

06 avr. 2009, 12:19

Une fois connus les résultats définitifs du premier tour de l'élection au Conseil d'Etat et ceux du Grand Conseil, une question agitait le microcosme politique neuchâtelois: peut-on renoncer au deuxième tour et annoncer l'élection tacite de Fernand Cuche qui finit 11e à près de 3000 voix du cinquième? Un conseiller d'Etat élu de cette manière peut-il prétendre à une légitimité démocratique?

D'autant que les données de base sont désormais connues. La gauche renforce sa majorité au Grand Conseil, mais le PS a perdu des plumes. Il paraît difficilement concevable d'une part que les socialistes, avec moins d'un tiers de députés, briguent un troisième siège gouvernemental qui leur donnerait une majorité absolue, et d'autre part que leurs partenaires de gauche, en forte progression, soient éjectés du Conseil d'Etat. A droite, le PLR a encore moins de raisons de viser lui aussi un troisième siège et la majorité, alors que la droite a perdu deux sièges au Grand Conseil; une perte due à l'UDC, dont le meilleur candidat au Conseil d'Etat, Pierre-Alain Storrer, est par ailleurs largement distancé.

Le problème est donc insoluble, d'autant que la loi ne prévoit pas la possibilité de présenter un nouveau candidat entre les deux tours.

Les partis pourraient donc bien persister dans leur volonté de se lancer dans un deuxième tour. Au risque de voir les électeurs déserter encore plus massivement les urnes. En effet, le citoyen neuchâtelois n'a pas vraiment été captivé par ce premier tour: 7% de participation en moins par rapport aux cantonales de 2005, 13% en moins par rapport aux fédérales de 2007. Un deuxième tour le passionnera-t-il davantage? Onen doute. Surtout s'il s'agit soit de réélire un Fernand Cuche aux côtés du quatuor Studer-Ory-Hainard-Nicati, soit de faire passer une troisième socialiste (la Valtraversine Johanne Lebel Calame) ou un troisième PLR (le directeur de l'École de commerce de Neuchâtel Philippe Gnaegi). Ce ou cette cinquième élue aurait cependant cette fameuse légitimité démocratique!

Le nouveau Conseil d'Etat a du pain sur la planche pour les quatre prochaines années. L'équipe devra être soudée et la tâche qui attend chacun de ses membres est ardue. Ce serait un comble que les actuelles cogitations sur un éventuel deuxième tour plombent le climat de travail du futur gouvernement.

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