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La chute d'un symbole

03 mai 2011, 10:09

Davantage encore qu'un terroriste, fût-il l'homme le plus recherché du monde, c'est un symbole que les forces spéciales américaines viennent d'abattre en éliminant Oussama ben Laden. Celui qui avait été le proche allié de Washington lorsqu'il combattait, au nom du djihad, les troupes soviétiques en Afghanistan, était devenu pour les Etats-Unis, attaqués sur leur propre sol, l'incarnation même de l'humiliation depuis le 11 septembre 2001.

Ben Laden, malade, s'est en fait montré peu actif au cours des dernières années, même avec l'appui de ses alliés talibans, d'autant que son réseau a subi des revers importants. Son credo, l'appel à la guerre sainte contre l'Occident, semble en outre faire moins recette: aucune des révoltes arabes n'y a notamment fait référence. Al-Qaïda étant une mouvance décentralisée et protéiforme, la disparition de Ben Laden ne signifie cependant pas pour autant que le réseau a été démantelé.

Le fait que les services secrets pakistanais n'aient pas été mis dans la confidence est révélateur. L'attitude américaine pourrait accréditer la thèse selon laquelle les renseignements, qui ont des liens étroits avec les mouvements islamistes, savaient où Ben Laden se terrait, ce qui en dit long sur le climat de méfiance qui règne entre les deux alliés. Mais Washington pourrait du même coup avoir voulu épargner au fragile pouvoir d'Islamabad de se trouver associé à cette élimination, pour lui éviter d'être confronté à une opinion publique majoritairement antiaméricaine.

Selon un scénario soigneusement pensé, la plupart des usages religieux - toilette funéraire, prières, mise en linceul - ont en effet apparemment été respectés pour ne pas heurter les convictions musulmanes. A la différence près que la dépouille de Ben Laden n'aurait pas été inhumée, mais jetée en mer après prélèvement d'ADN, une pratique tout à fait inhabituelle. Pas question en effet de créer un lieu de mémoire qui serait instantanément devenu un pèlerinage. Pas question non plus de déférer Ben Laden devant la justice. Un interminable procès n'aurait fait que donner une nouvelle fois une audience planétaire à al-Qaïda.

Pour Obama par contre, souvent critiqué, l'exécution de Ben Laden est tout bénéfice. Offrant la revanche à son pays meurtri, le président a réussi là où George Bush a échoué. Le voici auréolé d'un prestige immense qui pourrait être décisif dans la perspective de la présidentielle de 2012...

 

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