L'optimisme domine à la veille de l'ouverture de Baselworld 2008

Le monde du luxe a rendez-vous à Bâle dès demain. Le Salon mondial de l'horlogerie et de la bijouterie ouvre ses portes pour huit jours. La crise financière annoncée ne tempère pas l'optimisme des acteurs de Baselworld. Le point avec Longines, marque du Swatch Group, et l'indépendante Corum. La crise financière menace l'économie. Du moins, c'est l'avis de nombreux spécialistes. La récession devrait frapper les Etats-Unis. Le monde du luxe, l'horlogerie en particulier, ne semble guère inquiète face à ce phénomène, qualifié de jamais vu depuis la Deuxième Guerre mondiale. «Il y a une grande différence. Nous sommes dans du real business et pas dans la spéculation. A la fin, nous avons un produit», confie Walter von Kaenel, qui voit 2008 sur la lancée de 2007 (voir encadré).

02 avr. 2008, 12:00

«Tous les signaux, à ce jour dans le luxe, sont positifs», ajoute le directeur général de Longines. «Nous sommes dans la globalisation. La part de l'Extrême-Orient est très lourde», dit-il encore. Pour Longines plus particulièrement, «aux Etats-Unis, notre position initiale était basse». Outre-Atlantique, la marque de Saint-Imier «n'a jamais eu de performance aussi bonne qu'aujourd'hui». La faiblesse du dollar, lors de la conversion des chiffres d'affaires en francs suisses, est le seul mal que Walter von Kaenel déplore.

L'avis d'Antonio Calce, son homologue de la société chaux-de-fonnière Corum, est presque identique. «Nous voyons que les marques de niche sont relativement épargnées», confie-t-il. «De plus, il y a les marchés émergents. Les Etats-Unis seuls n'ont pas un poids économique aussi important.» Pour l'Italo-Neuchâtelois, il y a «un dynamisme du business phénoménal en Asie. Je suis tout sauf inquiet. Les Etats-Unis, c'est très différent. C'est un pays qui vit avec l'argent des autres». Antonio Calce n'attend pas moins un ralentissement de la croissance. «Un tassement est clairement en vue.»

L'horlogerie est en phase de croissance depuis une bonne dizaine d'années. «C'est impressionnant de voir la longueur de cette période positive», se réjouit Walter von Kaenel. «Nous allons à Bâle confiants», ajoute-t-il. Dans la cité rhénane, Longines accueillera dans son stand des dizaines de détaillants. «Je ne mets pas à Bâle ce que je n'ai pas mis en route», affirme le directeur général à propos des nouveautés qui seront présentées. «Bâle est important en ventes effectives. Ça l'est aussi vis-à-vis de la presse. C'est aussi le point par rapport à la concurrence», précise-t-il encore.

Walter von Kaenel est un habitué de la foire. Il fait partie de la société Longines depuis 39 ans, dont 20 à sa tête. Agé de 67 ans, l'homme n'est pas prêt à la retraite. Il a rempilé récemment. Pour lui, le salon c'est aussi l'occasion de partager une dizaine de jours avec son équipe, «voir aussi les collègues qu'on connaît depuis 20 ans. A la fin, on est crevé».

L'optimisme semble donc de mise à la veille de l'ouverture du rendez-vous mondial de Bâle. Près de 2100 exposants occuperont les 160 000 mètres carrés des halles d'exposition de Foire suisse pendant huit jours. Le traditionnel rendez-vous des branches horlogère et bijoutière de Bâle débute demain pour se terminer jeudi prochain. Pas moins de 353 marques horlogères, 544 bijoutiers et 561 sociétés ?uvrant dans les branches apparentées seront de la partie. Sans oublier les 629 pavillons nationaux. / DAD

Baselworld 2008, Messeplatz, jusqu?au jeudi 10 avril