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L'évêque sort de son silence et demande «vraiment» pardon

Mgr Bernard Genoud s'est dit, hier, «bouleversé» par les cas de pédophilie commis par des prêtres. Il veut demander pardon aux victimes et crée une commission pluridisciplinaire pour gérer ce genre de cas. Lévêque du diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel, Mgr Bernard Genoud est sorti hier de son silence pour s'exprimer devant la presse au sujet de «cette douloureuse question des cas de pédophilie qui ont marqué la vie de notre diocèse ces dernières semaines», selon ses propres termes.

02 févr. 2008, 12:00

Soucieux de calmer le malaise qui s'étend parmi la population, l'évêque n'a pas hésité à reconnaître la responsabilité de l'Eglise: «Trop souvent et depuis trop longtemps», a ainsi précisé Bernard Genoud, «dans les divers milieux de la société, et aussi en Eglise, la pédophilie fait l'objet d'un tabou et ses drames sont recouverts d'une chape de plomb. Le silence a conduit à des situations dramatiques que nous connaissons aujourd'hui.»

Il a donc souligné qu'il était du devoir de l'Eglise «de demander pardon aux victimes, pardon pour les manques de transparence, de clarté, de communication, voire de courage qui ont pu conduire malheureusement à des récidives». Un pardon qui prendra une forme officielle et solennelle le 21 mars prochain, lors des célébrations du Vendredi-Saint, avec une intention spécifique de prière de l'évêque pour les victimes et les prêtres pédophiles.

Par ailleurs, Mgr Genoud a annoncé hier la création d'une commission pluridisciplinaire, baptisée SOS-Prévention et chargée d'examiner tous les cas d'abus sexuels liés à l'Eglise. Cette commission de cinq personnes sera présidée par une femme, l'ancienne juge d'instruction fribourgeoise Françoise Morvant. Cette commission comprendra une deuxième femme, également ancienne juge d'instruction à Fribourg, un avocat, un psychiatre et un prêtre.

Cette commission devra se prononcer sur les cas qui lui sont soumis avant d'en informer les autorités diocésaines, «sans oublier la justice civile», a précisé Bernard Genoud. Il a en effet pris grand soin hier d'insister sur «l'importance primordiale du travail accompli par les instances civiles». L'évêque a ainsi indiqué que l'Eglise diocésaine proposera «systématiquement aux victimes de se présenter à la justice civile». «De cette manière, a-t-il ajouté, nous aurons la meilleure garantie d'un traitement adéquat et efficace».

Mgr Genoud a enfin tenu à souligner s'il est «inacceptable» qu'il y ait eu «ces cas douloureux, des prêtres qui ont gravement fauté», il tenait à rappeler que «notre clergé est sain dans sa large majorité» et qu'il ne fallait «pas voir dans chaque prêtre un pédophile».

Les autorités diocésaines ont d'autre part souhaité un renforcement des directives édictées en 2002 par la Conférence des évêques suisses ainsi qu'une amélioration des échanges d'informations sur les prêtres accusés d'abus sexuels entre les diocèses, non seulement en Suisse mais aussi dans le monde entier. /NWI

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