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«L'égalité pour tous!»

Des Neuchâteloises luttent contre les lois sur l'asile et les étrangers. Parce qu'elles concernent aussi les femmes et les enfants Bravant les éléments et pilotant de drôles de caddies, elles étaient plusieurs, hier, à récolter des signatures pour soutenir le référendum contre les lois sur l'asile et les étrangers. Parmi elles, Sylvie Augier, animatrice et coordinatrice de Recif, pour «Centre de rencontres et d'échanges interculturels pour femmes».

09 mars 2006, 12:00

Pourquoi lier Journée de la femme et référendum contre les lois sur l'asile et les étrangers?

Sylvie Augier: On a tendance à limiter l'image des requérants aux hommes qui abuseraient de l'hospitalité suisse. Nous souhaitons corriger cette image, car ces lois concernent aussi les femmes et les enfants! Dans mon quotidien j'en rencontre beaucoup et leurs difficultés sont nombreuses.

Un exemple de difficultés?

S.A.: La présentation obligatoire de papiers d'identité. Des Somaliennes qui fréquentent Recif n'en revenaient pas: chez elles, ce sont les maris qui détiennent ces papiers, et si elles avaient dû présenter leur passeport, elles ne seraient pas ici. Dans de nombreux pays, les femmes doivent avoir la permission des hommes pour obtenir des papiers d'identité! Souvent, elles fuient leur pays en urgence, pour cause de guerre ou parce que leur mari est mort. Plusieurs Bosniaques qui fréquentent Recif sont arrivées ici dans ces conditions.

Sans parler de celles qui se marient pour pouvoir rester en Suisse...

S.A.: Si elles sont extra-européennes, elles devront rester mariées trois ans sans interruption du ménage commun pour obtenir la nationalité. En cas de violence domestique, elles ne pourront quitter le domicile conjugal sous peine de perdre leur droit de rester en Suisse.

Vous vous dites aussi particulièrement choquée par la situation des enfants.

S.A.: La future loi sur l'asile permettra d'incarcérer des mineurs jusqu'à douze mois! Cela m'effraie: un adulte doit commettre une faute grave pour écoper d'une année de prison! Je crois que nous perdons le sens des proportions... Mais ce n'est pas tout: la loi sur les étrangers réduira les possibilités de regroupement familial. Ainsi, s'ils ont plus de douze ans, les enfants ne pourront plus rejoindre leurs parents. Je connais une femme qui, en travaillant très dur, a finalement pu faire venir sa fille de quatorze ans dont elle était séparée, avec la douleur morale que cela représente, depuis plusieurs années. Avec la nouvelle loi, cela ne sera plus possible. / FLH

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