L'Autriche dans l'ombre de l'extrême droite

Chaque semaine, «L'Express» et «L'Impartial» plongent dans leurs archives. Nous vous proposons aujourd'hui de revenir sur le retour au pouvoir de l'extrême droite en Autriche, en février 2000.
01 févr. 2010, 06:50

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l'extrême droite autrichienne renoue avec le pouvoir le 4 février 2000. Quelques semaines auparavant, le FPÖ du nationaliste Jörg Haider obtenait 27% des suffrages aux élections législatives, juste derrière les sociaux-démocrates, mais surtout devant le parti conservateur ÖVP. La formation du ministre des affaires étrangères Wolfgang Schlüssel qui, en s'alliant à Haider, allait ouvrir les portes du gouvernement à l'extrême droite. L'événement soulèvera un tollé au sein de l'Union européenne, les Quatorze imposant des sanctions diplomatiques à l'Autriche.

Anticipant sur une récupération du cas autrichien par les anti-Européeens, Lega tessinoise et Démocrates suisses en tête, Daniel Droz appelait, dans «L'Impartial» du 5 février, les sept conseillers fédéraux à travailler ensemble en vue des votations de mai sur les bilatérales. Le spectre du vote du 6 décembre 1992 sur l'Espace économique européen n'était pas bien loin. «Haider jette son poison» écrivait d'ailleurs Georges Plomb pour les quotidiens neuchâtelois .

Dans un éditorial paru le 7 février, «L'Express» évoquait un «dévoiement démocratique» en parlant des sanctions européennes. L'éditorialiste qualifiait de «procès d'intention» les accusations portées sur le nouveau pouvoir, relevant: «Le mythe de la menace brune est bien commode.»

Mais le temps allait donner raison aux détracteurs de Haider: sitôt les sanctions des Quatorze levées, le FPÖ revenait à ses thèmes de prédilection: «Arrêt total de l'immigration», «Des bâtiments sociaux pour les familles autrichiennes»... Le parti ne manquait pas, pour l'occasion, de ressortir du placard son slogan aux relents nationalistes d'un autre temps: «L'Autriche d'abord».

Les archives des quotidiens neuchâtelois sont accessibles via www.arcinfo.ch/archives