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Isérables, le village des Bedjuis épinglé au ciel du Valais

Cette quatrième escapade en «Télé féérique» nous emmène de Riddes à Isérables, d'où partent des sentiers muletiers bordés d'érables à sucre et d'églantiers. De Riddes, le regard embrasse Isérables, épinglée au ciel selon l'image de Benoît Couchepin, qui a consacré un ouvrage au village des Bedjuis.

31 juil. 2008, 12:00

Le moyen le plus rapide de s'y rendre, c'est l'antique télécabine, qui débarque ses voyageurs à la poste, au c?ur du village (1161 mètres). D'emblée, on est séduit par le calme ambiant, troublé seulement par les chants des oiseaux. Une feuille d'érable peinte au sol, complétée par une inscription au mur, donne le ton: l'itinéraire «safran» de la Voie des érables commence ici. Impossible de se perdre sur le parcours balisé serré. Le chemin s'élève rapidement parmi les maisons, puis quitte le village en direction de Nendaz. La pente cède le pas, et on admire au passage les murs de pierres sèches, patiemment restaurés: choisir la pierre, tailler, poser, et recommencer. Les artisans ont donné une nouvelle jeunesse à ces murs ébranlés par les pas du bétail et voûtés par le passage répété des mulets lourdement bâtés.

Au moindre vide, un treillis et une rambarde sécurisent le sentier, parfaitement adapté aux petites jambes. Des haies d'érables champêtres et d'églantiers ombragent les marcheurs. Cerisiers, abricotiers, bien campés dans la pente, attrapent chaque rayon de soleil. Les patates étagées ne doivent pas avoir le vertige, ceux qui les cultivent non plus.

On s'engage déjà dans la descente, bordée sur la droite d'un éperon rocheux d'où la vue plonge sur la vallée. Régulièrement, des panneaux racontent le passé, et le marcheur imagine sans peine les terrasses céréalières d'antan qui formaient autant d'escaliers dorés vers le ciel.

Ils sont encore tous jeunots, mais pleins de promesses, les érables à sucre et les érables rouges en terrasse en contrebas du chemin, plantés en 2002 par des enfants de 11 ans. Dans vingt ans, l'érablière expérimentale de la Combe de Thur devrait donner son propre sirop d'érable. En petites quantités certes, puisqu'il faut 40 litres de sève pour produire un seul litre de sirop.

La pente s'accentue, et le regret de retomber sur le goudron s'atténue à la vision d'une grande place de pique-nique, avec jeux d'enfants et fontaine en mélèze. De quoi se préparer à descendre 63 marches et à longer une petite paroi d'escalade, près de la Crête de la Chapelle. Le chaos des quartzites, calcaires, dolomies et autres brèches et schistes emmêlés rappellent qu'il fut un temps (très) lointain où Isérables se prélassait sur les douces plages bordant le sud de l'océan valaisan, rappelle un panneau didactique.

On rejoint bientôt le village, et on gagne le musée, d'où part l'itinéraire «mousse». Ne pas se laisser rebuter par le tronçon sur le bitume et dans la circulation. Il va quitter la route principale et gagner la rive de la Faraz, comme un appel à la fraîcheur bienvenu.

Là aussi, l'itinéraire est impeccablement balisé. Attention cependant à ne pas se faire surprendre à la hauteur de la maison «Paradianou». Prendre un virage serré et revenir vers le village, en gagnant de la hauteur. L'alpage de Balavaux, et ses mélèzes millénaires, est encore bien au-dessus, mais une «tranche» de tronc, au bord du chemin, donne la mesure de ces géants séculaires. /CDU

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