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Ils sont rouges de colère

Après huit mois, la politique menée par le nouveau gouvernement ne satisfait pas les élus d'extrême gauche. Ils en appellent à la population et vont jusqu'à menacer de basculer dans l'opposition Fâché, le Parti ouvrier populaire (POP)! Et déçu. Il l'a fait savoir au Conseil d'Etat en place, il en appelle maintenant «à un réveil citoyen». Parce que, depuis huit mois qu'il est au pouvoir, le gouvernement à majorité de gauche «applique une politique qui n'a rien à envier à ce qu'aurait pu faire la droite». Et que les coupes pratiquées dans le domaine social sont «indignes d'une majorité de gauche».

14 févr. 2006, 12:00

Il monte donc au créneau, allant jusqu'à menacer de basculer dans l'opposition. «Nous nous prononcerons là-dessus lors de notre congrès de septembre. A l'issue de notre dernière rencontre avec les forces de gauche, à fin janvier, les conseillers d'Etat de gauche ont pris l'engagement de nous faire des propositions». Pour éviter qu'un jour, le gouvernement de gauche cohabite avec une opposition... de gauche.

Opposition marquée

Et les popistes de rappeler que, déjà lors du vote sur le programme de législature, ils s'étaient abstenus de le soutenir, le jugeant un peu trop «UDC-compatible». Et s'ils ont finalement voté le budget 2006, c'est parce qu'il avait été possible de maintenir un montant de 900.000 francs dédié aux prestations complémentaires, et de 100.000 francs pour la culture indépendante. «Sans oublier le maintien du projet de Haute Ecole de musique», ajoute le député Denis de la Reussille.

Dans le collimateur

Mais aujourd'hui, les popistes veulent aller plus loin: réfléchissant à une initiative populaire cantonale visant à imposer de manière plus importante les grandes fortunes, ils rêvent à un sursaut citoyen. «Il faut expliquer aux gens ce qui se passe. Ne pas leur présenter des tranches de cake, mais bien le cake entier, illustre le député Alain Bringolf. A ceux qui viennent nous dire qu'ils ont perdu des prestations, je demande quel était leur vote sur le frein à l'endettement. Pour qu'ils comprennent le lien qui existe entre les deux».

Un canton pas si pauvre

Parce que «le canton n'est pas aussi pauvre qu'il le dit, martèlent les popistes. Il n'a jamais créé autant de richesses». Le problème? Les nombreuses exonérations fiscales consenties aux entreprises, qui «l'empêchent de profiter de juteuses retombées». Et de pointer du doigt les bénéfices imposables des sociétés qui, depuis 1994, ont presque été multipliés pas dix, alors que les sommes encaissées par la perception des impôts ont a peu près stagné (voir infographie).

Autre sujet qui fâche, les subsides de l'assurance maladie. Pour rétablir un équilibre, le groupe PopVertsSol a déposé à fin janvier un postulat visant à un réexamen du plafonnement du budget pour ces subsides, dubitatif face à l'annonce de l'augmentation de la capacité financière du canton. «Si la capacité financière du canton s'améliore, le gouvernement doit aller chercher l'argent vers ceux qui occasionnent cette hausse de la capacité financière». Soit les entreprises.

Symétrie des sacrifices

Pour aboutir, enfin, à cette fameuse «symétrie des sacrifices», dont on est encore très loin aujourd'hui, de l'avis du groupe de gauche. Ce qui inquiète beaucoup: «Si nous continuons comme ça, ce sont les entreprises qui prendront le pouvoir...», lâche Martha Zurita. Avant d'imaginer un futur où «les écoles seront sponsorisées par des banques». / FLH

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