«Frustration de tendresse», l’air du temps de Bayron Schwyn

Découvrez la chronique «Air du temps» de Bayron Schwyn, journaliste à «ArcInfo».

22 mars 2019, 05:30
AirDutemps-BayronSchwyn

«On a toujours l’impression qu’un viol, c’est de la violence. Au départ, je ne crois pas». Mais oui, faites un effort: il y a le viol à la dure et le viol doux. Pas convaincu? J’ai une confession à vous faire, la première phrase n’est pas de moi, mais d’un homme bien plus saint: l’abbé de La Morandais.

Ce lundi, sur le plateau d’une chaîne française, le prélat a partagé son analyse éclairée sur la pédophilie, témoignages à l’appui: «Dans les échos que j’ai eus, les confidences, un enfant cherche spontanément la tendresse d’un homme ou d’une femme. Et souvent ce sont des gamins en frustration de tendresse. Donc ils vont chercher de la tendresse». Une preuve de cela? «Vous avez tous observé qu’un gamin, il vient, il vous embrasse sur la bouche. Moi j’ai vu ça, plusieurs fois même.» Evidemment. Ils nous narguent ces petiots avec leur sourire angélique et leur cartable…

Dérapage, maladresse, incapacité d’empathie, on peine à comprendre comment ce vieil homme habitué des médias en vienne à assumer de tels propos.

Le lendemain, le pape François a fait preuve d’un autre type de douceur. Présomption d’innocence oblige, le Saint-Père a refusé – pour la seconde fois – la démission de Monseigneur Barbarin, l’archevêque de Lyon, condamné en première instance pour avoir passé sous silence des actes pédophiles.

L’innocence, c’est ce que l’on a volé à ces enfants.