En 2004, des pièges à cormorans dans le Doubs

Petits ou grands, des événements ont marqué la région, la Suisse, le monde. Nous les remettons au goût du jour grâce à nos archives. Ce dimanche, nous revenons sur le système installé par les pêcheurs et le garde-faune pour préserver les truites du Doubs du cormoran.
06 oct. 2019, 10:00
Depuis 2003, en octobre, les pêcheurs membres de la Gaule tendent des fils sur le Doubs afin d’éloigner les cormorans et protéger la truite qui commence a frayer.

«Venus de la mer du Nord pour hiberner dans nos contrées, les gros oiseaux noirs sont en avance. De quoi mettre en émoi Arthur Fiechter, inspecteur et chef du Service cantonal de la faune», lit-on dans l’édition du vendredi 8 octobre 2004 de «L’Impartial». Quoi? Les cormorans, pardi!

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«On est en pleine période de frai des truites du Doubs, une espèce menacée sur laquelle nous avons beaucoup investi», explique Arthur Fiechter. «Il serait dommage que tous ces efforts soient anéantis par la gloutonnerie du cormoran, qui avale jusqu’à 500 grammes de poisson par jour. Sans compter les truites blessées et abandonnées parce que trop dodues pour son bec», relève le journal.

«Comme cela a été fait ces dernières années, un système dissuasif de fils tendus sur la rivière sera mis en place. Au printemps 2003, ce dispositif avait été saboté depuis la rive française. Remis en place en automne-hiver 2003-2004, il a été préservé et a bien fonctionné. Arthur Fiechter et les pêcheurs en sont reconnaissants à la population et aux promeneurs. Ils demandent à nouveau leur compréhension car le système sera réinstallé demain et restera jusqu’en février», indique «L’Impartial».

«Le dispositif est simple et non dommageable», apprend-on. «Les pêcheurs – et les autres bénévoles intéressés – tendront des ficelles de couleur d’une rive à l’autre du Doubs, sur un tronçon de trois kilomètres situé entre les Graviers et jusqu’à 300 mètres de l’usine électrique du Châtelot, où se trouvent les frayères des truites.» Si un cormoran se fait prendre, les autres ne viennent plus, au grand plaisir des pêcheurs. Le système fait toujours ses preuves.

par Daniel Droz