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Dix nouveaux professeurs nommés quasi d'un coup à la faculté de droit

Véritable coup de sac à la faculté de droit de l'Université de Neuchâtel. Dix nouveaux professeurs ont été nommés entre 2005 et 2006, sur 17 en tout. Ces spécialistes se sont présentés hier lors d'un colloque de leçons inaugurales. La faculté, «longtemps laissée de côté au détriment des plus grandes», a bien l'intention de se renforcer. «C'est un réel bouleversement de la faculté!» Piermarco Zen-Ruffinen, doyen de la faculté de droit de l'Université de Neuchâtel, n'a pas le souvenir qu'une telle réforme se soit déjà produite dans un milieu académique de Suisse.

09 déc. 2007, 12:00

Dix nouveaux professeurs de droit, sur 17 en tout, ont été nommés en 2005 et 2006. Ces spécialistes se sont présentés hier à l'occasion d'un colloque de leçons inaugurales sur le thème «Le temps et le droit», à l'aula du bâtiment principal de l'Université de Neuchâtel.

«C'est assez rare qu'une faculté voit en si peu de temps plus de la moitié de son corps professoral renouvelé!», a confirmé le recteur ad intérim Jean-Pierre Derendinger, devant un parterre d'auditeurs hautement cravatés.

Comment une telle réforme est-elle possible? «Par le départ à la retraite de trois professeurs, le déménagement de deux autres vers les universités de Genève et Fribourg, et l'accession de plusieurs chargés de cours au statut de professeur», explique Piermarco Zen-Ruffinen. «De plus, l'ancien recteur Alfred Strohmeier nous a donné une nouvelle chaire. C'était à l'époque où il décidait de réduire les ressources allouées à la faculté des sciences pour les attribuer à d'autres.»

Grâce à ces mouvements, dix nouveaux professeurs ont intégré l'Académie récemment. Ils s'appellent Yvan Jeanneret, André Kuhn, Florence Guillaume, François Bohnet, Evelyne Clerc, Christophe Müller, Robert Danon, Jean-Luc Chenaux, Denis Oswald et Dominique Sprumont.

La faculté de droit vient donc de vivre un tourbillon de remplacements. Mais aussi un clair renforcement. «En pourcentage, nous avons pu créer 1,87 poste», explique Jean-Pierre Derendinger. Et surtout augmenter le nombre de professeurs de 13 à 17. «La faculté de droit a longtemps été sacrifiée au détriment de grandes facultés comme les lettres ou les sciences», rappelle Piermarco Zen-Ruffinen. «Nous avons stagné. Car on ne nous donnait pas les moyens de nous renforcer. Imaginez que jusqu'à cette année, nous avions une demi-secrétaire pour l'ensemble de la faculté! Aujourd'hui, le rattrapage a commencé. Et la faculté est en pleine expansion.»

Une expansion facilitée par la séparation récente des facultés de droit et de sciences économiques. «Le fonctionnement a été allégé», observe Piermarco Zen-Ruffinen. «Disons qu'aujourd'hui, nous pouvons nous concentrer sur nous mêmes. Mieux nous profiler. Et mettre en avant nos spécificités.» Car avec l'arrivée de ce «sang neuf», ce sont également de nouvelles thématiques qui seront abordées à Neuchâtel. Pour la plus grande satisfaction des 500 étudiants qui suivent le cursus de droit à l'Université de Neuchâtel. «C'est fantastique pour eux. Ils ont affaire à des pointures dans leur domaine», indique le doyen.

Mais mettre en avant le droit, c'est tenter de renforcer l'image de l'Université qui perdra en 2009 son institut de microtechnique, alors rattaché à l'EPFL? «Non», répond le recteur Jean-Pierre Derendinger. «La faculté de droit doit être mise en avant, au même titre que les autres. Il faut en finir avec cette hiérarchisation dommageable des domaines. Chaque faculté a sa valeur et son mérite.» / VGI

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