Distinguer information et manipulation

Le canton de Neuchâtel est convaincu qu'il faut éduquer à l'esprit critique. «L'Express» et «L'Impartial» aussi, qui vont ouvrir leurs colonnes aux jeunes Lorsqu'il s'agit de sensibiliser le monde scolaire aux médias, le canton de Neuchâtel est noté comme un bon élève. Carrément le meilleur de Suisse romande. L'an dernier, 150 classes au moins ont participé à la «Semaine des médias à l'école» organisée par la Conférence intercantonale de l'instruction publique (CIIP). Contre une vingtaine dans d'autres cantons.

04 févr. 2006, 12:00

Et l'affaire n'en restera pas là. Convaincu de la nécessité d'apprendre aux jeunes à poser les limites entre «moyen d'information et instrument de manipulation», Jean-Claude Marguet a réaffirmé hier sa volonté de poursuivre sur cette voie. Il a surtout apporté le soutien du Service de l'enseignement obligatoire - qu'il dirige - au projet des quotidiens neuchâtelois, baptisé «Décryptage».

Apprendre les langages

L'idée permettra à des équipes rédactionnelles formées d'élèves de 8e et 9e années (ou plus âgés) de rédiger des pages sur des thèmes les préoccupant. Le début de l'opération devrait coïncider avec la troisième édition de la semaine des médias, qui a lieu du 20 au 24 mars.

Ouverte à l'ensemble des classes romandes, la semaine sera axée autour d'une question: quel langage pour quelle information? «Chaque média a sa propre langue, ses propres codes. Notre objectif est de donner aux élèves les outils pour les déceler», a expliqué Christian Georges, spécialiste des moyens d'information à la CIIP. Année après année, il est conforté dans son point de vue: «L'éducation des citoyens de demain est très liée à leur éducation aux médias». Il continue aussi de penser que l'école constitue le lieu privilégié de cet apprentissage. Approbation de Jean-Claude Marguet: apprendre à trier des informations ou à décoder des images, c'est «développer sa capacité critique». Ce qui ne va pas de soi. Enseignante au collège du Mail, à Neuchâtel, Odile Tissot-Daguette, remarque en tout cas que les élèves «sont très peu éduqués aux médias. Souvent ils ne comprennent pas ce qu'ils lisent». Une réalité qu'elle a vérifiée ces deux dernières années, en participant avec une classe aux activités de la semaine des médias...

Une multitude de sujets sont proposés au cours de cette troisième semaine, résumés dans 24 fiches pédagogiques adaptées à toutes les tranches d'âge scolaire. Les professionnels de la presse jouent aussi un rôle très actif dans ce cadre. L'an dernier, 6500 journaux ont circulé dans les écoles romandes. Et 81 journalistes, photographes et autres spécialistes de l'audiovisuel sont allés à la rencontre des élèves, directement dans les classes. / SDX

Semaine des médias à l'école, 20-24 mars. Inscriptions jusqu'au 28 février via www.e-media.ch