Des extraterrestres pas si imaginaires que ça

Féru de mystères et co-auteur du «Dictionnaire visuel des mondes extraterrestres» paru le mois dernier, Yves Bosson décrypte les codes d'un univers où l'imaginaire n'est pas le seul moteur de l'inspiration. De là à dire que nous ne sommes pas seuls...

25 oct. 2010, 08:35

Les envahisseurs? David Vincent les a vus. En 1967 déjà. Yves Bosson, co-auteur du «Dictionnaire visuel des mondes extraterrestres» (Flammarion), pas encore tout à fait. Et ce, même si ce féru d'énigmes les côtoie depuis une quarantaine d'années dans son travail... Alors que pour le héros de la série télévisée, «tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva», pour Yves Bosson la révélation eut, elle, lieu sur les bancs du collège du Mail à Neuchâtel dans le milieu des années 1970. «J'avais 14 ans», glisse le Marseillais d'adoption. «A l'époque, on lisait les ouvrages de la collection «L'aventure mystérieuse» et Jean-Claude Bourret sortait plusieurs livres sur les observations de soucoupes volantes... Donc, lorsqu'avec quelques copains nous avons dû choisir un thème pour un exposé, notre choix a été vite fait.»

Près de quarante après, Yves Bosson n'a pas lâché d'une semelle les petits hommes verts et leurs apparitions dans notre dimension terrienne. Agé de 51 ans, le Neuchâtelois gère l'Agence martienne, une photothèque qui collabore, entre autres, avec la Maison d'ailleurs, à Yverdon, et l'Agence spatiale européenne. Installée dans la cité phocéenne, l'agence a réuni une importante collection d'images - documentaires, historiques, artistiques - consacrée à la science-fiction populaire et à l'imaginaire scientifique. Ovnis, phénomènes paranormaux, créatures cryptozoologiques, telles le yéti ou le monstre du loch Ness, peuplent ainsi l'imaginaire visuel du Neuchâtelois. Mais l'imaginaire seulement, ce photographe de formation passé par la pub n'ayant toujours pas eu droit à sa rencontre du 3e type.

«Je ne tiens pas de discours sur ce qu'ont pu voir certains témoins», prévient-il. «Mais les observations existent. Ce sont d'ailleurs elles, ou plutôt ce qu'elles représentent, qui m'a fasciné.» A l'instar de la «rencontre» d'un garçon de 12 ans avec le passager d'une soucoupe à Prémanon, dans le Jura français, en 1954. «Tout est parti ici d'une rédaction scolaire dans laquelle l'enfant a parlé d'un «fantôme» et puis, en pleine vague d'observations de soucoupes volantes, les adultes se sont approprié son récit, le transformant en histoire de soucoupe... Très vite, l'affaire est devenue mondialement célèbre», détaille Yves Bosson. «Je me suis penché sur ce cas à partir de 1979 en rencontrant l'enfant devenu chercheur scientifique et son institutrice. Il m'a confirmé qu'il avait, à l'époque, en tête la récente visite dans la ferme familiale d'un berger suisse en transhumance avec son troupeau de vaches. Celui-ci portait un grand manteau noir qui lui donnait précisément des allures de fantôme...»

Rien d'irrationnel donc dans ce cas pour Yves Bosson. Ni d'ailleurs dans l'écrasante majorité des autres observations qu'il a étudiées. «Il y a des cas de contactés convaincus, des personnes qui se disent appelées, qui entendent des voix. Puis, il y a bien sûr des mystificateurs comme Raël. Mais on trouve surtout des observations de phénomènes astronomiques, lumineux, voire météo très rares comme de possibles foudres en boule.»

«Certaines autres observations, 1% du total, sont bien documentées et laisseraient éventuellement des questions sans réponse», concède Yves Bosson. «On ne peut pas plus affirmer l'existence que l'inexistence des extraterrestres. Le «contact» comme nous l'imaginons a-t-il un sens? Peut-être sont-ils déjà là, ici et maintenant, sans que l'on puisse en avoir conscience, de la même manière que les fourmis n'ont pas l'intuition de notre présence. Une seule chose est sûre: s'ils existent, ils ne sont pas seuls dans l'univers…» /YHU

«Dictionnaire visuel des mondes extraterrestres», Flammarion, 287 pages