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De Neuchâtel à la planète rouge

Ancien étudiant à l'Institut de physique de l'Université, Albert Haldemann est aujourd'hui un spécialiste de l'exploration de Mars. Il était de passage hier à Neuchâtel

24 janv. 2006, 12:00

Albert Haldemann, comment devient-on un spécialiste de Mars avec en poche un diplôme de l'Université de Neuchâtel?

A. H.: C'est un peu un rêve d'enfant: l'espace et l'aéronautique m'ont toujours attiré. Aussi, après mon diplôme de physicien, obtenu en 1991 avec le professeur Vuilleumier, je suis devenu pilote militaire, avant de partir aux Etats-Unis effectuer mon doctorat, déjà dans le domaine spatial, à Caltech (réd: California institute of technology). Je suis arrivé durant la mission Pathfinder d'exploration de Mars. Puis j'ai été appelé à travailler dans le cadre du projet Mars Exploration Rover, qui a envoyé les robots «Spirit» et «Opportunity» en 2003. Qui sont toujours opérationnels.

Et votre spécialité, c'est...

A. H.: Au départ, la détection radar, comme par exemple l'examen de la rugosité de la surface de Mars avant l'atterrissage. Aujourd'hui, après neuf ans, j'occupe davantage une fonction de management, et j'ai ainsi une vision plus globale, plus transversale, de nos robots. Je suis adjoint scientifique d'une équipe de 90 chercheurs.

Selon vous, l'homme marchera-t-il un jour sur Mars, ou les robots toujours plus perfectionnés qui s'y promènent rendent une exploration humaine inutile?

A. H.: J'aimerais voir l'homme marcher sur Mars de mon vivant... Mais on n'y est pas encore! Le robot ne remplacera jamais tout à fait l'humain. Les scientifiques, aujourd'hui, sont un peu frustrés, il y a certaines modifications qu'ils n'arrivent pas à faire à distance. L'idéal serait d'avoir les deux: des astronautes avec, en quelque sorte, leur «boîte à outils» sur place, qu'ils pourraient utiliser sur place à leur guise.

Quelles sont les prochaines missions prévues sur Mars par la Nasa?

A. H.: La mission Phoenix, qui doit atterrir en 2007, puis le prochain Rover, baptisé «Mars Science Laboratory», prévu pour 2009: le robot sera deux fois plus grand que «Spirit» et «Opportunity» et sera un véritable laboratoire d'analyse. Il pourra également se déplacer même sans grand ensoleillement, car il ne sera pas mû par l'énergie solaire, comme les robots actuels. Et il sera équipé d'un détecteur d'hydrogène. Car on revient toujours à la finalité de la conquête spatiale: s'il y a eu de l'eau, y a-t-il eu de la vie? Et qu'est-elle devenue? C'est ce qui motive l'être humain, ce qui le pousse à l'exploration: est-il ou non seul dans l'univers? /FRK

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