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De l'élégance des aspirateurs dorsaux

17 sept. 2009, 09:38

Vous ignoriez totalement son existence jusqu'à hier, mais depuis que vous l'avez découvert, il vous en faut un. Quoi? Le coffret des mémoires de Joseph Deiss, préfacées par Stéphane Chapuisat? L'autobronzant de Christian Lüscher? Peu importe. Qu'il s'agisse d'un ribouleur chromatique ou d'un pèle-sardines, tel un gogo, vous avez succombé au doublé pervers de la pression populaire - tout le monde en a un - et des sirènes de la publicité. Pourtant, à l'aube de la téléphonie mobile, vous juriez vos grands dieux que jamais on ne vous surprendrait à raconter votre vie dans la rue. Aujourd'hui, au rayon fromage, vous exhibez avec vanité votre iPomme dernier cri, conversant avec madame sur le dilemme schapziger bulgare - mozzarella lettone. De rebelle, vous êtes passé à victime consentante du marketing. Une science jamais en reste pour refiler des escarpins Louboutin aux culs-de-jatte, la varicelle aux lépreux. Preuve. En feuilletant l'autre jour un catalogue d'électroménager, mon regard s'est arrêté sur un aspirateur dorsal. Jusque-là, ça va. Il y a de l'idée. Le plus bluffant, c'était l'argumentaire. «Très classe», assurait-il. Illico, me suis imaginé en costard-n½ud pap aux soirées de l'ambassadeur, parader un verre de champagne en pogne et mon aspi «très classe» dans le dos, sous le regard lascif des épouses de consuls. J'ai finalement rengainé ma Visa. Je me suis ravisé. Me remémorant que je n'avais jamais considéré les tâches ménagères d'une folle élégance. Allez, c'est pas tout, faut qu'on vous laisse, c'est l'heure du téléachat.

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