Corum retrouve son identité et hisse ses couleurs à Valence

Enfant de Neuchâtel, le nouveau directeur général de l'horloger chaux-de-fonnier Corum est ravi des premiers jours passés sur son stand bâlois. Le repositionnement de la marque, entamé il y a 18 mois, est aujourd'hui compris et apprécié par le marché. Antonio Calce a aussi annoncé à Baselworld le sponsoring du Victory Challenge, équipage suédois de la Coupe de l'America.

16 avr. 2007, 12:00

Antonio Calce, voici Corum propulsée dans la Coupe de l?America. Cette ruée des marques horlogères vers Valence n?est pas excessive? Je ne sais pas si toutes les marques ont la légitimité d'y être? Corum l'a, c'est certain, et il nous paraissait important de nous rendre visible pour cette compétition. Le modèle que nous lançons à cette occasion, une Admirals'Cup 48mm, est une montre faite pour la mer, munie d'un cadran spécial, produite en titane et caoutchouc. Elle sera portée par l'équipage du Victory Challenge durant les compétitions et Corum ouvrira une boutique à Valence durant cette manifestation.

Combien coûte ce type de sponsoring? Nous ne communiquons pas de montant. L'objectif est d'être cohérent par rapport au produit. Nous n'avons pas des centaines de millions à mettre pour des ambassadeurs, mais nous communiquons sur nos produits, toujours dans un souci de légitimité.

L?Admiral?s Cup redevient une de vos lignes phares? Elle l'a toujours été. Elle représente 40% des 30 000 pièces que nous produisons chaque année. Désormais, depuis le repositionnement de Corum, nos collections reposent sur quatre piliers: Admiral's Cup, Romulus, Golden Bridge et les spécialités. Nous avons conservé à peine un tiers des 600 références que Corum avait auparavant. Ainsi, je ne pense pas que la Bubble, qui avait été lancée à un moment où Corum avait besoin de gagner en visibilité, retrouvera l'importance qu'elle a eue par le passé...

A propos de la Golden Bridge, munie d?un mouvement Vaucher Manufacture, vous avez annoncé le renforcement du partenariat entre les deux entreprises. Comment va-t-il se concrétiser? D'abord, contrairement à ce qui a été dit ces derniers jours, il ne s'agit pas d'une prise de participation de Corum dans le capital de Vaucher. Il n'y a aucune modification dans l'actionnariat! Par contre, c'est vrai que nous allons investir, mais dans le développement de produits. L'objectif étant d'avoir davantage de mouvements exclusifs. L'idée est de collaborer dans la recherche et le développement en créant des synergies entre les deux entreprises.

La croissance de Corum a-t-elle été l?an passé aussi bonne que dans le reste de l?horlogerie? Nous avons enregistré ces deux dernières années une croissance de l'ordre de 30%, et entre 25 et 30% au début de 2007. L'entreprise est aujourd'hui très rentable, nous profitons pleinement de cette spirale que vit le luxe horloger, et avons beaucoup engagé ces derniers mois. Corum emploie environ 110 personnes.

Ce n?est pas difficile, lorsqu?on est une société indépendante, de garder sa place au milieu de groupes qui investissent des dizaines de millions de francs en communication? Nous n'avons pas la prétention de batailler, nous pouvons faire un business très rentable qui valorisera nos métiers, nos collaborateurs, et y trouver du plaisir. Si j'arrive à employer à moyen terme de 140 à 150 collaborateurs, si nous conservons une rentabilité intéressante, alors nous aurons atteint nos objectifs. Vous savez, certains détaillants sont très heureux d'avoir en face d'eux une marque indépendante, sans la pression que mettent les groupes. J'ai fait 15 ans de carrière dans un groupe (réd: Richemont), et je mesure aujourd'hui la différence avec une entreprise familiale.

La famille Wunderman, propriétaire, vous a laissé carte blanche? Une vraie relation de confiance et de complicité s'est établie avec Séverin Wunderman et son fils Michael (réd: président de Corum), qui sont toujours très impliqués dans le développement et la création. Nous avons retrouvé aujourd'hui une identité forte, plus de contenu, nous avons recentré la marque sur ses piliers historiques, et je suis persuadé que nous avons pris là une direction fabuleuse. / FRK