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Comment soigner cette société qui «consomme des enfants»

Avec internet, la pédocriminalité prend des proportions incroyables. Durant trois jours, des experts internationaux aborderont, à l'Université de Neuchâtel, ce thème sous l'angle de la justice et de la psychologie. «Il y a deux jours, j'ai remis à la police française des photos d'un vrai snuff: la mise à mort d'un enfant... Des scènes qui donnent la chair de poule». On croit sur parole Homayra Sellier, présidente d'Innocence en danger, qui présentait, hier à Neuchâtel, avec trois psychiatres, les troisièmes Journées internationales de psychotraumatologie et médiation. Du 1er au 3 février, des experts du monde entier échangeront leurs connaissances sur la pédocriminalité. Jouant l'interface entre juges et médecins, ce congrès déclinera «Soins, prévention et justice».

25 janv. 2008, 12:00

«Oui, la pédophilie existe et il faut en parler», avance le psychiatre Nick Miller. «Il faut briser ce mur du silence, parler de l'ambiguïté de l'âme humaine et faire circuler l'information sur ce sujet tabou». Sur le brûlant sujet des prêtres pédophiles, Nick Miller est ravi que la presse sorte ces informations, enfin. Mais il note que l'Eglise tente de contenir un problème qui lui échappe. «Le phénomène est connu: plus la société est stricte, plus la fermentation intérieure est violente.»

«Nous allons donner la parole aux victimes, mais aussi faire l'inventaire des soins que l'on peut apporter aux prédateurs», relève Raymond Traube. Et là, l'institut Pinel de Montréal, un hôpital spécialisé en psychiatrie légale, fournit des orateurs de premier plan comme Suzanne Gagné ou Patrice Renaud: celui qu'Issac Biyong qualifie de cyberpsychologue a développé un instrument qui permet d'observer scrupuleusement la dilatation de la pupille d'un éventuel récidiviste à la vision de certaines images. Il tente aussi de les soigner à l'aide de personnages virtuels en 3D. Pour Raymond Traube, «il ne faut pas diaboliser, mais soigner. Tout en respectant le cadre légal, bien sûr.» Pour les victimes d'abus sexuels, il sera questions de la technique EMDR (Eye movement desensitization & reprocessing), soit une thérapie qui réassocie les images aux faits, qui réactive les deux hémisphères du cerveau. Utilisée aux Etats-Unis après la guerre du Vietnam, elle est apparue en Europe depuis quelques années sous l'impulsion de David Servan Schreiber, notamment. Robert Tinker et Sandra Wilson sont les initiateurs de cette technique sur les enfants. Ils en parleront à Neuchâtel.

Le congrès confirmera aussi que la pédocriminalité est un marché juteux. Le journaliste d'investigation Serge Garde démontre dans son enquête «Le livre de la honte» que milieux politiques et économiques sont parfois au courant des réseaux dont sont victimes les enfants. Dans «Mon combat contre la prostitution», Amely James dénonce des familles africaines, à Paris, qui poussent des enfants à la prostitution. Un ouvrage qui ne lui a pas valu que des amis...

L'un des thèmes forts sera évidemment la cybercriminalité. Homayra Sellier en parle dans son dernier livre, une enquête internationale sur cette «société qui consomme des enfants». /JLW

Renseignements: www.ipm-int.org
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