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Comment on réécrit l'histoire...

Responsable d'un génocide pour les uns, héros national pour les autres, l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic sera finalement, sous réserve d'un coup de théâtre toujours possible, inhumé dans sa ville natale de Pozaverac, sans avoir droit, toutefois, à des funérailles nationales.

16 mars 2006, 12:00

Les autorités serbes ont ainsi opté pour le compromis. Jugé pour crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international (TPI), Milosevic devenait en effet singulièrement encombrant pour Belgrade, en délicatesse avec la communauté internationale. Car d'autres criminels de guerre serbes - Ratko Mladic et Radovan Karadzic, notamment - sont réclamés à cor et à cri par le TPI. Or ils jouissent à n'en pas douter de protections à un niveau élevé... D'un autre côté, les partisans de Milosevic sont puissants dans le pays. Ignorer leurs revendications aurait constitué un casus belli aux conséquences imprévisibles.

Pour ne rien arranger, la Russie, qui a toujours entretenu des liens privilégiés avec les dirigeants serbes, a cru bon de se mêler de l'affaire. Vexée de n'avoir pu accueillir Milosevic sur son sol pour le soigner, comme elle le demandait, la Russie n'en est pas restée là, exigeant une nouvelle enquête sur les causes de la mort de l'ex-président et les résultats de son autopsie. Pour faire bonne mesure, Moscou a même demandé un arrêt des activités du TPI. Ce qui pourrait bien l'arranger du côté de la Tchétchénie.

Et c'est bien là que cette affaire confine au tragique. Car les insinuations de Moscou se confondent maintenant avec les accusations des partisans de Milosevic, qui tentent par tous les moyens d'accréditer la thèse d'un assassinat de leur chef par le TPI.

La disparition de Milosevic aura donc privé les familles des victimes d'une sentence exemplaire. Mais elle aura surtout permis aux ultranationalistes serbes de jeter le discrédit sur le TPI, en propageant la fable d'un complot international contre la Serbie. Une tentative particulièrement pernicieuse de réécrire une histoire encore tout imprégnée du sang de dizaines de milliers de victimes... / JGi

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