Calogero revient, entre variété française et rock anglo-saxon

Calogero se produira samedi aux Patinoires du Littoral. L'occasion de (re)découvrir un artiste qui a déjà une longue carrière derrière lui. Après un passage à Neuchâtel en 2005, Calogero revient samedi aux Patinoires du Littoral. Cet artiste aux multiples facettes arpente la scène française depuis de longues années. Tout d'abord avec son groupe les Charts, avec lequel il a enregistré la bagatelle de cinq albums. Puis en solo pour une carrière tout aussi prolifique (quatre albums déjà), à laquelle un bel avenir semble promis.

31 mars 2008, 12:00

Il peut s'appuyer sur des solides bases musicales et maîtrise plusieurs instruments (guitare, claviers, flûte), mais c'est la basse qui reste son instrument fétiche. Calogero aime aussi multiplier les casquettes. Celle d'interprète, bien sûr, mais aussi celle de compositeur et d'auteur, rôle qu'il partage souvent avec son frère.

S'il a le goût des mélodies pop et l'énergie du rock, ses productions manquent un peu de spontanéité et semblent souvent bien propres. Sur son dernier album, «Pomme C», il louche plus sérieusement du côté du rock anglo-saxon et abandonne les ballades, qui lui réussissent moins. Si la musique est convaincante, les textes laissent plus à désirer: jeux de mots trop faciles, thèmes moult fois rabâchés et touche de démagogie viennent trop souvent gâcher des mélodies bien construites.

Pourtant, Calogero a la réputation de transcender ses morceaux et de déployer toute son authenticité en concert. En témoignent les album et DVD «Live 01» ainsi que le succès rencontré sur les routes de la francophonie. Les tournées s'enchaînent et les salles ne désemplissent pas, ce qui demeure une preuve irréfutable de son succès. Calogero, malgré sa bonne volonté et son talent, souffre du complexe français en matière de rock. S'il connaît ses classiques, applique les recettes à l'ingrédient près, le résultat sonne très référencé et manque de fraîcheur.

Il faut dire que le chanteur évolue dans le petit milieu de la variété française, qui frôle trop souvent l'inceste. Si c'est Pascal Obispo qui lui a permis d'émerger en solo, Calogero ne se montre pas ingrat et lui composera quelques titres en échange. Parfois, lorsqu'il désire se concentrer exclusivement sur la musique, il confie l'écriture de ses textes à son amie de longue date Zazie ou à Raphaël.

L'artiste a un grand c?ur. Non seulement il renvoie l'ascenseur à ceux qui l'ont aidé, mais il met également son talent au service des bonnes causes. Les Enfoirés, bien entendu, grand-messe de la variété française où tout le monde chante tout le monde. Mais aussi Sidaction et d'autres projets humanitaires.

Calogero a fait ses preuves, auprès du public comme de ses pairs: collaborations, victoires de la musique et autres distinctions dont les Français ont le secret. Il lui reste à conquérir une nouvelle fois le public neuchâtelois. / VDT