Bras de fer difficile mais indispensable

28 août 2009, 10:40

La seule femme au Conseil d'Etat neuchâtelois serait-elle le nouvel «homme fort» du gouvernement? Gisèle Ory se lance dans un difficile bras de fer avec les intouchables assureurs de Santésuisse. Elle entend avertir Pascal Couchepin de la «mauvaise foi» des assureurs maladie, de «l'inexactitude» de leurs chiffres et du caractère «injustifié» des hausses de primes qu'ils annoncent pour Neuchâtel en 2010.

Un combat difficile, mais indispensable. Les cantons ont enfin suffisamment de données à disposition pour vérifier les chiffres des assureurs, trop longtemps opaques. La conseillère d'Etat a raison de pousser un coup de gueule. Car même si la hausse des primes dans le canton sera l'une des moins importantes du pays (3 à 4% à Neuchâtel, 10% en moyenne suisse), rien ne la justifie.

En effet le Département cantonal de la santé a fourni de gros efforts pour contenir les coûts de la santé ces dernières années. Au point qu'aujourd'hui, les dépenses à la charge des assureurs s'élèvent à 500 millions de francs et se rapprochent de la moyenne suisse.

De plus, et même si les caisses continuent de crier misère, leurs réserves sont largement excédentaires à Neuchâtel. Cette façon de gonfler la facture au moment d'annoncer les nouvelles primes devient une sale habitude.

Le Conseil d'Etat neuchâtelois a donc décidé de suivre l'exemple vaudois en tapant du poing. Le ministre Pierre-Yves Maillard avait été entendu au terme d'un long affrontement. Gisèle Ory sait ce qui l'attend. Et elle a les épaules larges.