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Barillon fâché par la Cour

23 janv. 2008, 12:00

L'avocat genevois Jacques Barillon n'a pas du tout apprécié la décision de la Cour d'assises de Neuchâtel de renvoyer au 18 mars le prononcé de son verdict dans l'affaire de l'ex-assistant social accusé d'avoir détourné l'argent de ses protégés (notre édition d'hier).

Le ténor du barreau a fait savoir hier au président de la Cour Niels Sörensen que sa décision «viole gravement les droits de la défense et les règles essentielles de la procédure».

Il est de coutume que la Cour d'assises rende son jugement aussitôt après les débats. Jacques Barillon, Daniel Brodt et Alexis Bolle, les trois avocats chargés de défendre l'ancien fonctionnaire de l'Office des tutelles, craignent que durant ces deux mois de réflexion, «les juges et les jurés soient l'objet de diverses influences extérieures aux débats».

Les avocats de la défense estiment aussi que si les «accusateurs» avaient jugé l'enquête trop lacunaire, ils auraient dû demander que les mesures d'instruction soient complétées, en sollicitant le renvoi du procès. «Or c'est très précisément ce que les accusateurs n'ont pas fait!», constate Jacques Barillon.

Selon lui, l'affaire est «simple»: «Ce qu'envisagent d'évidence la Cour et le jury, c'est de se substituer aux policiers et au juge d'instruction et de mener leur propre enquête, ceci dans des conditions de total obscurantisme, puisque les parties et leurs mandataires n'assisteront pas à cette instruction.»

Pour rappel, après trois jours d'audience, la Cour d'assises a repoussé de deux mois son verdict prévu lundi soir, notamment en raison de la complexité du dossier (3000 pages). Cette décision a été considérée comme «sage» par plusieurs avocats des plaignants, qui ont salué le «souci de rendre un jugement reflétant le mieux possible la vérité». /vgi

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