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Au front contre la fumée

Un comité apolitique lance une initiative populaire pour interdire le tabac dans tous les lieux publics du canton de Neuchâtel. Six mille signatures à récolter en six mois Les initiatives lancées à Genève, Vaud et Fribourg font des émules dans le canton de Neuchâtel: un comité apolitique, composé pour l'heure uniquement de femmes, veut interdire la fumée dans les lieux publics fermés, bistrots compris. La récolte des signatures a commencé hier. Il en faudra 6000, à réunir jusqu'à fin mars 2007, pour que l'initiative aboutisse.

24 sept. 2006, 12:00

«Trois motions ont été acceptées ce printemps par le Grand Conseil, indique Carol Chisholm, présidente du comité d'initiative. Mais on sent que l'Etat est réticent face à une telle interdiction. Et nous ne voulons pas attendre encore quatre ou cinq ans avant qu'il agisse».

Le comité neuchâtelois veut une interdiction totale, y compris dans les établissements publics. Il ne se satisfera pas d'une éventuelle obligation d'aménager des locaux, ni de la seule interdiction de la fumée dans les bâtiments dépendant des collectivités publiques. «Les fumoirs eux-mêmes sont source de pollution», note Jean Barth, cheville ouvrière de l'initiative déposée à Genève avec 20.000 signatures.

«Cette initiative ne vient pas d'une minorité militante, mais de gens ordinaires»

Il ne craint pas de voir le comité neuchâtelois partir au front sans appui politique: «Dans les autres cantons, c'était aussi le cas. Les partis se sont soudain associés aux comités lorsqu'ils ont vu à quelle vitesse les signatures rentraient...»

Les initiatrices partent donc seules au combat. «Nous avons sollicité les partis, mais jusqu'ici seuls les Verts de la ville de Neuchâtel nous appuient», explique la présidente du comité. Qui n'exclut pas un appui de la gauche: le groupe Pop-Verts-Sol est en effet l'auteur de la première des trois motions acceptées par le Grand Conseil. Un texte moins radical que les suivants, qui demandent l'un l'interdiction de la fumée dans les écoles, l'autre dans tous les lieux publics.

«Et nous voulons faire comprendre à l'Etat que cette initiative ne vient pas d'une minorité militante, lance Carol Chisholm, mais de personnes ordinaires, de mères de familles, des gens qui d'habitude ne sont pas sur le devant de la scène».

Membre du comité, Hannah Osborne Baume l'est justement, mère de famille. Et avec un enfant sujet à des crises d'asthme, elle est particulièrement concernée par le tabagisme passif: «Si la cigarette était inventée de nos jours, elle serait immédiatement interdite!», lance-t-elle. Et les initiatrices de brandir fièrement leurs feuilles: «Même des fumeurs signent notre texte», constate Miriam Lubin, partie de bon matin à la chasse aux paraphes... / FRK

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