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Après le oui à l’initiative «anti-burqa»: et si on parlait autrement de nos ami·e·s musulman·e·s?

Ne sait-on parler des musulmanes et des musulmans de ce pays qu’en les stigmatisant? L’éditorial d’Eric Lecluyse, rédacteur en chef.

07 mars 2021, 18:26
Portraits SNP  Neuchatel, 10 01 2018 Photo : © David Marchon

L’initiative dite «anti-burqa» a été adoptée par le peuple avec une courte majorité de 51,2%. Sa mise en œuvre ne changera pas grand-chose au quotidien de la plupart d’entre nous. Pour les personnes de confession musulmane vivant en Suisse, en revanche, la campagne restera dans les mémoires comme une énième vexation.

Ne sait-on parler des musulmanes et des musulmans de ce pays qu’en les stigmatisant, sous prétexte de lutter contre la «menace terroriste»?

Il faut bien sûr éviter tout angélisme: il est normal de s’inquiéter des liens entre le port de la burqa et une possible poussée d’un islam politique. Mais l’instrumentalisation de cette question à des fins manifestement électoralistes laisse un goût amer.

Alors, puisque c’est devenu si rare, je tiens à parler ici avec tolérance de celles et ceux qui pratiquent l’islam dans un cadre personnel, familial, en paix avec ceux qui voient le monde autrement. De ces personnes que j’ai croisées, et vous en connaissez aussi, qui méritent tout notre respect.

Ces derniers temps, on débat avec passion du langage inclusif, qui tend à éviter les discriminations sexistes. Plus largement, il est temps de rendre notre société plus inclusive, en cessant notamment de réduire l’islam à des clichés.

On peut aimer la langue française et avoir envie qu’elle évolue pour mieux prendre en considération le genre féminin. On peut aimer la Suisse et avoir envie qu’elle évolue pour mieux prendre en considération celles et ceux qui pratiquent l’islam. Encore faut-il avoir le courage d’essayer.

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